1024518/05/1979VIENNE
Au fur et à mesure que l’échange de sa livraison approche - la réception provisoire des travaux est prévue le 31 mai - la tour hospitalière de La Milétrie prend, de plus en plus, la forme d’un point d’interrogation.
« Le nouvel hôpital de Poitiers restera-t-il fermé faute de personnel ? », s’interrogent les Communistes de Poitiers. .
« Le CHU va-t-il ouvrir ? Dans quelles conditions ? Avec quel personnel ? » demande la CGT.
Il semble que, pour l’instant, il n’y ait pas plus d’éléments de réponse qu’il y a un mois lorsque nous avons consacré un article au nouveau bloc hospitalo-universitaire.
Il est toujours prévu pour 915 lits, la création de 1.200 postes supplémentaires est toujours demandée par le conseil d’administration et, apparemment, le ministère n’est toujours disposé à en « lâcher » que 250.
Après on verra...
C’est cette incertitude qui est jugée intolérable, voire aberrante, au point que le conseil d’administration du Centre hospitalier a invité les techniciens du ministère de la Santé à venir se rendre compte, sur place des réalités.
On ne sait si ceux-ci accepteront l’invitation.
Une campagne d’information de la CGT
Hier, dans le cadre de la journée d’action dans la Fonction publique, l’Union départementale CGT était venue épauler sa branche « santé » pour dénoncer les effets de « la politique d’austérité et de gâchis du gouvernement » dans ce secteur, tant au niveau du département qu’à, celui, spécifique, de la mise en service de la tour hospitalière.
« Ce sont le droit à la santé pour tous et les conditions de travail des personnels hospitaliers, médicaux et autres, qui sont atteints », a souligné Francis Martin, secrétaire général de l’UD, au cours d’une conférence de presse.
Secrétaire de la branche « Santé », Michel Rogeon et quelques-uns de ses camarades, se sont élevés avec vigueur contre le projet de loi de Simone Veil, introduisant la notion de productivité dans le fonctionnement des établissements publics et donnant des pouvoirs étendus sur ceux-ci, au ministre de la Santé.
Dans les établissements de la Vienne, il y a déjà un manque criant d’effectifs qui nuit au bon fonctionnement des services et impose des conditions de travail anormales aux personnels.
Selon la CGT, 1.900 à 2.000 emplois supplémentaires seraient nécessaires dans la Vienne pour couvrir les besoins de la santé.
On a brassé les horaires des personnels pour boucher les trous, et, cet été sera-t-on encore obligé de fermer des services, faute d’un nombre de remplaçants suffisant ?
Parent pauvre des cliniques privées l’hôpital de Châtellerault semble accumuler les anomalies, tant en ce qui concerne la situation faite au personnel que dans les travaux de rénovation.
La CGT craint que l’hôpital de Châtellerault ne soit « déshabillé » de certains de ses services pour « habiller » artificiellement le nouveau bloc hospitalo-universitaire de Poitiers.
Et d’insister aussi sur le fait que les malades sont les « victimes » de cette politique d’austérité.
M. Collet, administrateur CGT à la Sécurité sociale, a rappelé les difficultés rencontrées dans la construction de la tour hospitalière, son coût, le gaspillage à faire fonctionner un bâtiment pratiquement vide et la nécessité d’ouvrir tous les services prévus avec le personnel correspondant.
« Le Poitou-Charentes est au 17e rang des régions sur la carte sanitaire ; il y a 3,9 lits pour 1.000 habitants dans notre région alors que la moyenne nationale est de 4,6 », précise-t-il.
La CGT va maintenant aller à la rencontre de la population pour l’informer de ces problèmes.
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D’autre part, une grande campagne de pétitions va être lancée « afin que le nouvel hôpital de Poitiers puisse vivre et que soit respecté le droit pour tous les poitevins de se soigner dans les meilleures conditions ».
le 22/07/2023 à 16:05
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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