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1075106/10/1980POITIERS

PRÉSIDÉ À BLOSSAC PAR ANDRÉ BERGERON LE CONGRÈS DE FORCE OUVRIÈRE

Exige des décisions à la mesure de la situation économique et sociale du département

La présence de M. André Bergeron, secrétaire général de la Confédération, a donné un relief incontestable au 17e congrès de l’Union départementale des syndicats Force Ouvrière, qui s'est déroulé hier aux Salons de Blossac. La veille au soir, le meeting organisé à la Maison du peuple avait fait le plein de la salle Jouhaud, soit plus de 400 personnes.

Le secrétaire général, qui affirme voir des salles pleines partout où il va, n’a pas manqué de relever le fait comme un signe de l’audience croissante de FO dans la Vienne (18,8 % des voix aux élections prud’homales), et la confirmation que son organisation mène le bon combat ».

Dans son intervention au congrès il a très fermement condamné l’attentat de vendredi à Paris contre une synagogue, félicité la communauté juive de ne pas céder à la provocation et exprimé son entière solidarité avec elle.

Ses réponses aux questions des délégués des syndicats lui ont permis de préciser, entre autres : « Il va de soi qu’il n’y aura aucune consigne de Force Ouvrière pour les élections présidentielles. Je souhaite que la campagne n’aille pas trop dans le sens de la démagogie et de la surenchère, qui font que les gens se détournent de la chose politique. Nous ne serons pas muets, mais cantonnés dans le rôle qui est le nôtre : le syndicalisme doit être un contrepoids, pas un contre-pouvoir... ».

S’agissant du projet de loi Peyrefitte « Sécurité et Libertés », il « ne croit pas trop qu’il contienne des obstacles pour les organisations syndicales » et a reçu par lettre des précisions du Garde des Sceaux. A propos des grèves dans le service public et particulièrement à EDF, M. Bergeron affirme : « Nous ne permettrons pas la moindre attaque directe ou indirecte au droit de grève. Mais un comportement irresponsable peut contribuer à tuer ce droit ».

Il explique le fait que FO ait signé dans la Fonction publique des accords de salaires moins favorables que dans le passé par « la nécessité de ne pas laisser dépérir la politique contractuelle mise en place depuis dix ans : une trop longue période sans accord pourrait nous ramener au temps du salaire « octroyé ».

Non au tout-nucléaire

La motion finale du congrès exprime un avis favorable sinon au projet de centrale nucléaire à Civaux, du moins « à l’étude d’un dossier technique » sur ce projet. Elle s’oppose au « tout-nucléaire » et demande le développement accru de toutes les sources d’énergie possibles. Conformément à la « charte confédérale » sur ce sujet, elle reconnaît la nécessité d’un recours au nucléaire, mais avec « des garanties à la mesure des risques » et réaffirme que « l’exploitation du nucléaire doit rester sous la responsabilité du service public ».

M. Bergeron avait exprimé sur le sujet un avis identique et souhaité que l’Union départementale « ne se mêle pas des manifestations de toutes sortes » qui vont avoir lieu ici.

L’emploi et les services publics

Auparavant, les travaux du congrès avaient mis l’accent sur divers problèmes liés à l’emploi. Non seulement le chômage, mais aussi le travail à temps partiel et le travail temporaire qui posent dans la Vienne des problèmes aigus. Et sur les nombreuses difficultés rencontrées dans la Fonction publique en général.

La résolution finale interpelle les parlementaires du département « pour une plus large prise de conscience de la gravité de la situation économique et sociale dans notre région et exige une réponse immédiate et des décisions à la mesure de la situation. Elle réclame « la création rapide des emplois nécessaires à la région, notamment par l’implantation de nouvelles industries tenant compte des nécessités démographiques et par le développement du secteur tertiaire ».

M. Bergeron a précisé qu’au plan national, les adhérents de la Confédération se partagent en 30 % de fonctionnaires, 15 % de salariés des entreprises nationales et 55 % dans l’industrie, le commerce et l'agriculture.

Au plan départemental, ils se répartissent à peu près en 65 % dans les secteurs public et nationalisé et 35 % dans le privé.

On y trouve en outre une dénonciation « du cumul d’emplois et de la remise en cause de la réglementation concernant les emplois à temps partiel. FO refuse que « la technologie et le machinisme éliminent le travailleur de la vie professionnelle... et propose d’intégrer tous les salariés dans la vie active par la réduction et une meilleure harmonisation du temps de travail ». Le congrès exige en outre que les membres des Conseils de Prud’hommes « soient dotés de moyens nécessaires à l’accomplissement de leur mandat, en bénéficiant particulièrement d’une formation juridique adaptée ».

S’élevant en général contre « les insuffisances du gouvernement à combattre le chômage », les syndicats FO dénoncent en particulier « et avec force la politique consistant à recruter des vacataires pour 6 à 12 mois dans les administrations ou dans le secteur public de jeunes âgés de moins de 25 ans, sur la base d’un temps de travail n’excédant pas 120 heures par mois et au taux horaire du SMIC, ceci afin de réduire temporairement le nombre des chômeurs ». Ils demandent la transformation de ces emplois « nécessaires à notre économie en emplois permanents ».

Parmi bien d’autres revendications encore, FO souhaite voir régler le problème des non-titulaires dans la Fonction publique « selon des modalités concertées avec les fédérations syndicales ». Mais aussi le calcul des cotisations sociales sur la productivité des entreprises et non sur les salaires, une « réforme réaliste de l’Éducation Nationale, une réforme « vraie de la fiscalité, etc... ». Le congrès s’est opposé « avec vigueur au démantèlement des services publics : PTT, hospitaliers ». Et dans le domaine des salaires il revendique « une progression du pouvoir d’achat des travailleurs et souhaite qu’il soit mis un terme aux spéculations scandaleuses qui se développent dans tous les secteurs de notre économie ».

 

 

le 13/09/2023 à 17:38

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

congrès, nucléaire, effectif

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