1089404/02/1981VIENNE
Autant de menaces sur l’enseignement technique public selon le SNETP CGT
De tous côtés, on présente aujourd’hui comme un impératif urgent l’adaptation de la formation des jeunes aux emplois offerts et des réformes entrent en vigueur qui bousculent notamment l’enseignement technique. Mais, pour le Syndicat national de l’enseignement technique et professionnel (CGT) de la Vienne, elles servent surtout les intérêts des entreprises : « La formation rapide à une tâche précise débouchera sans doute plus facilement sur un emploi, mais un emploi pour combien de temps ? ».
Pour ces enseignants, il s’agit de mettre en place des formations au rabais, alors que l’intérêt à long terme des jeunes exigent qu’ils aient une solide formation de base, de manière à pouvoir s’adapter tout au long de leur carrière. Ils observent que ces réformes favorisent les filières « patronales » et privées de la formation professionnelle (apprentissage et stages divers), au détriment de l’appareil public d’enseignement technique (les lycées d’enseignement professionnel ou LEP) qui est, lui, « la garantie d’une formation durable ». Pour le syndicat, « le patronat veut s'approprier l’école » pour la modeler aux décisions prises pour l’avenir industriel du Poitou-Charentes.
Et il constate que l’État souscrit à ce projet, par les réformes en cours, mais aussi par l’affaiblissement des moyens des LEP (il y en a dix dans la Vienne et une cinquantaine dans la région), dont l’avenir serait mis en cause. La subvention de l’État pour leur fonctionnement en 1981 n’est pas augmentée (soit une diminution évaluée à 15 %) et le budget du LEP de Loudun serait même en diminution de 10 %. Les machines ne sont pas réparties en fonction des besoins, pas réparées, des sections ferment (comme la section tourneurs à Niort), des postes d’enseignants sont supprimés (cinq de mécanique générale dans la Vienne). Les syndicalistes citent l’exemple de la fermeture de la section chaudronnerie à Loudun et, parallèlement l’organisation d’un stage incomparablement cher…
Ils admettent que les lycées puissent avoir une petite production industrielle quand l’intérêt pédagogique est évident, mais s’opposent à cette solution pour équilibrer les budgets. Dans les stages « Bellac » (en entreprises), ils verraient un intérêt à mettre le potentiel industriel au service de l’école. Mais ils voient plutôt qu’on met les élèves au service des entreprises et leurs collègues qui ont fait l’essai l’an dernier à Civray et Loudun ne seraient pas disposés à le renouveler. Et pour le SNETP-CGT l’ouverture des classes de la quatrième et troisième préparatoires confirment l’intention de « faire des élèves dégrossis à 16 ans pour la vie active ».
Ces jours-ci, le syndicat travaille à une prise de conscience des enseignants et se prononce pour « un regain de l’action si possible dans l’unité » pour s’opposer en premier lieu aux suppressions de postes.
le 21/09/2023 à 18:04
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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