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1109009/09/1981CHATELLERAULT

POUR REMÉDIER AU « DÉPÉRISSEMENT » DES ENTREPRISES LA CFDT MÉTALLURGIE PRÉCONISE (ENTRE AUTRES) DES COMITÉS DE L'EMPLOI

Tout en regrettant de n’avoir pu effectuer la même démarche auprès du député et du sénateur - faute de réponse aux demandes formulées - les représentants du syndicat CFDT Métallurgie pour la Vienne-Nord se sont rendus lundi à la sous-préfecture, où leur demande d’audience avait reçu un accueil favorable.

Avec le sous-préfet, ils ont passé en revue un certain nombre de dossiers qui leurs sont familiers, prononçant pour chaque entreprise un diagnostic puis faisant des propositions dont ils nous ont ensuite fait part au cours d’une conférence de presse. Les voici.

De Prémonville (outillage) : difficultés de trésorerie consécutives à la chute de grandes entreprises de dimension nationale. D’où menace de licenciements courant octobre (28 de 59 salariés) et mise en pratique du chômage partiel dès septembre. Remède : inciter les banques à consentir le relèvement de trésorerie demandé sans plan de redressement en contrepartie.

Fenwick : horaire réduit à 36 heures (en attendant peut-être les 32 heures) sur les 383 salariés qui subsistent d’un effectif qui atteignait 680 en 1972. Nécessite d’élargir la gamme des fabrications, de reprendre la sous-traitance et de rajeunir le matériel.

Howard-Rotavator : 30 licenciements acceptés en juin sur 70 demandés ; 17 mises à la retraite anticipée, service commercial et service après-vente anémiés. La solution visant au maintien des 440 emplois passe par la définition d’une politique de la machine agricole cohérente avec une meilleure répartition des charges.

Marchal : des aménagements de travail qui masquent difficilement le ralentissement et ne vont pas dans le sens des créations d’emplois. Peu de chances de voir se réaliser les 200 emplois promis par suite du marasme de l’industrie automobile.

SFENA : scepticisme également quant aux 200 emplois annoncés d’ici à 1984. Entre la production des horizons gyroscopiques actuels et les gyrolasers prévus pour 1984, un creux s’annonce dans les carnets de charges. Des productions décentralisées à envisager de manière à éviter un largage de l’établissement de Châtellerault par Crouzet. D’ailleurs cette opération de privatisation de la SFENA qui comptait 50 % de capitaux d’État, fait l’objet d’un recours du comité d’entreprise au conseil d'État.

Pour un véto suspensif

Au travers de ces analyses - qui sont celles de la CFDT - un mot est lancé, celui du dépérissement. Aux yeux des dirigeants CFDT, il semble approprié pour définir à la fois le vieillissement des machines, le manque de dynamisme pour élargir la gamme des productions et étendre les marchés, enfin l’amenuisement des temps de travail et partant... des effectifs.

Là est bien le « hic ». Pour remédier à ce phénomène global, les responsables de la CFDT Métallurgie préconisent la création de comités locaux de l’emploi (l’idée en fut lancée en 1977) regroupant pouvoirs publics, patrons et organisations syndicales. Non seulement cette structure, dans l’esprit de ses partisans, devrait permettre de prévenir des accidents de l’économie locale, mais elle aurait pour mission en examinant toutes les possibilités d’action de créer un tissu industriel viable, plus diversifié qu’actuellement puisque l’automobile domine dangereusement avec les Fonderies, Marchal, Jaeger et que le tertiaire fait défaut.

N’est-ce pas une manière indirecte de rogner l’initiative patronale et de préparer une prise en main de l’économie par la collectivité ? La CFDT n’est pas très diserte sur ce point. Quant au droit de véto suspensif réclamé pour les comités d’entreprise dans le cas de licenciements « il faut savoir l’interpréter », disent les responsables. Cela veut dire que nous stopperions le processus tant que toutes les consultations n’auraient pas été faites, assorties d’une étude préalable du comité local de l’emploi.

Pour le contrôle des prix

Enfin un troisième point est abordé en conclusion : le SMIC. « Les augmentations cumulées de 10 et de 3,5 % n’ont pas permis de rattraper l’augmentation réelle des prix », observent nos interlocuteurs qui regrettent « les manœuvres » de patrons qui ont inclus les primes dans les 10 % (et ont ainsi tourné le décret), déplorent la non répercussion à l’ensemble de la hiérarchie ouvrière, c’est-à-dire à l’ensemble des bas salaires, enfin s’indignent de voir les prix grimper impunément. D’où ce souhait exprimé au représentant du gouvernement de voir remettre en œuvre des possibilités de contrôle (les administrations ayant été réduites à l’état squelettique).

 

 

le 03/10/2023 à 18:00

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

emploi, chômage, pouvoirs publics, comité, prix

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