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1133006/02/1982POITIERS

RÉDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL : FIN DE LA GRÈVE A AEF MAIS D'AUTRES CONFLITS SEMBLENT COUVER…

En moins de deux heures hier matin, à la direction départementale du Travail (et en présence du directeur), la direction et les délégués de l’usine AEF de Chasseneuil sont (presque) tombés d’accord pour l’application de la réduction du temps de travail, mettant un terme à un conflit d’une semaine.

En fait, il est probable que cet accord, qui ne leur donne pas entière satisfaction, ne sera pas signé par les délégués syndicaux (CGT, CFDT, FO). Du moins fait-il l’objet d’engagements qui devraient s’appliquer dorénavant. Ils portent d’abord sur la cinquième semaine de congés payés, accordée à tout le personnel dès 1982 (période de référence juin 81-mai 82) avec maintien des congés d’ancienneté, de l’heure de veilles de fêtes et de tous les congés familiaux. Elle pourra être prise « à la carte » et fractionnée.La réduction de la durée hebdomadaire du travail faisait, on le sait, davantage problème. Pour les salariés qui ne travaillent pas en équipes, elle passe de 40 à 39 heures, avec une compensation salariale à 66 %. Pour le personnel travaillant en équipes, la réduction est d’une demi-heure, également payée à 66 %. Et dans ce dernier cas, les 39 heures 30 hebdomadaires incluent 2 heures 30 de repas et 1 heure 15 de pause.

Par ailleurs, les heures supplémentaires (contingent « libre » annuel de 130 heures) ne s’appliqueraient qu’aux volontaires et pourraient ne pas être payées mais compensées par des temps de repos. Les modalités d’application détaillées de ces dispositions doivent encore faire l’objet de discussions avec les délégués du personnel. Quant à la perte de salaire consécutive à la grève, elle doit être étalée sur trois mois.

D’autres tensions

Si le conflit d’AEF a marqué de façon spectaculaire l’entrée en vigueur de la réduction de la durée légale du travail cette échéance suscite des discussions et des tensions dans beaucoup d’autres entreprises et services publics du département. Les organisations syndicales enregistrent des situations très diversifiées, mais dans l’ensemble une « montée » du mécontentement des salariés qui assistent au grignotage de cette réduction par reprise d’avantages acquis, ou à une diminution de salaire faute d’une compensation intégrale.

La journée d'hier en particulier a été marquée par une grève à la SFENA (Châtellerault) pour l’intégrité de la cinquième semaine, et des débrayages qui se prolongent parfois depuis plusieurs jours, à Enertec, à la CEMEP (Jaunay-Clan), aux Ets Giron ou encore à la société ARCO (Châtellerault). Des problèmes sont encore signalés à la SAT (Saint-Benoît) GIPELEC-SAFT Leclanché, SACOA (garages, Poitiers).

Dans certains secteurs (coopératives agricoles, Montenay) il semble qu’on attende la conclusion d’éventuels accords nationaux de branche. Tandis que dans le secteur public, l’application ne va pas non plus sans problèmes parfois.

Si dans les organismes sociaux et à la DASS, les 39 heures sont appliquées sans réduction de salaire (ce qui n’est pas le cas par exemple dans les banques), il est fréquent que les salariés demandent une réduction plus significative, qui débouche sur des créations d’emplois.

Le plus souvent les discussions se poursuivent, mais au Centre hospitalier régional, par exemple, la CGT a lancé un mot d’ordre de grève de 24 heures pour mercredi prochain.

 

le 24/10/2023 à 14:29

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

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