1197722/06/1983POITIERS
Pour que l’entreprise survive aux vacances…
Nous avons déjà évoqué ici à de nombreuses reprises les difficultés de la société des caravanes TesserauIt (de Chasseneuil, 200 salariés dont 33 intérimaires) et en particulier l’action conduite par ses salariés et leur syndicat CGT pour faire aboutir une solution de sauvegarde.
Hier matin, à l’occasion de la réunion du Conseil régional, ils ont manifesté une nouvelle fois avec des responsables de l’Union départementale CGT, place de la préfecture puis place de l’hôtel de ville, plus précisément sous les fenêtres de la banque de l’entreprise, la BNP.
Comme le rappelaient en effet les affiches plaquées notamment sur la caravane ainsi « promenée », l’entreprise a besoin d’argent : les salariés le réclament à la banque nationalisée « dont c’est le rôle, d’autant qu’elle a prélevé sur la société ces dernières années, en frais financiers, plus d’argent qu’il n’en faudrait investir aujourd’hui ». Mais ils savent que la décision ne viendra pas de la banque seule, que les pouvoirs publics doivent intervenir. D’où la pression exercée hier sur les élus régionaux, auprès desquels ils voulaient souligner toute l’urgence du dossier.
Les salariés ont en effet le sentiment que si aucune mesure n’est prise dans les semaines qui viennent, la fermeture pour congés au 15 juillet pourrait bien se transformer en fermeture définitive de l’entreprise.
Les salariés espéraient du Conseil régional d’une part une prise de position publique en faveur de la sauvegarde de l’entreprise - mais l’assemblée, qui ne tenait aujourd’hui qu’une brève séance d’ouverture, n’a adopté aucun texte en ce sens - ils souhaitaient d’autre part et plus utilement sans doute, que le conseil provoque une (énième) réunion entre toutes les parties prenantes pour trouver une issue ; ils ont reçu l’assurance d’une telle intervention.
Ils ont ensuite engagé le dialogue avec le député-maire et président du District, M, Santrot, qui leur a rappelé toutes les démarches et recommandations faites depuis deux ans par les élus locaux, en liaison avec le préfet et après examen du dossier et dont « le chef d’entreprise n’a pas tenu compte ; en l’état actuel de l’affaire et sans une restructuration, personne n’y engagera de l’argent public... ».
La manière dont la gestion a été conduite a été mise en cause par les uns et les autres et il résulte de plusieurs expertises différentes qu’aucun des indicateurs de gestion n’est favorable. Ces échanges semblent aboutir à la conclusion que toute aide publique sera subordonnée à l’acceptation par l’employeur d’un remaniement complet de l’outil et des méthodes de travail.
On touche dans cette affaire à la confrontation des prérogatives du chef d’entreprise et de « l’intérêt public » et aux moyens d’intervention économique des collectivités locales, Alors qu’il faudrait 7 ou 8 millions de francs pour restructurer Tesserault, celles-ci ne s’engageraient, en l’état actuel des choses et à l’extrême limite, que sous forme de garantie d’un tout petit prêt.
Photo : La manifestation des salaries de Tesserault sur la place de la préfecture
le 26/12/2023 à 17:08
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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