1247215/09/1984POITIERS
Une délégation de l’Union régionale des syndicats Force Ouvrière, conduite par son secrétaire général André Tourancheau, vice-président du CESR, a été reçue le 11 septembre par M. Monestier, préfet de région.
Cette délégation était composée des secrétaires généraux des UD FO de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime, ainsi que des 5 représentants de l’organisation au sein du CESR.
Il s’agissait pour les responsables FO régionaux à la veille de la visite de M. Joxe, ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation et, à quelques jours de l’ouverture le 17 septembre de la session du CESR, de prendre contact avec le Préfet de la région, pour lui faire part des grandes inquiétudes que suscite la situation économique présente sur le plan régional et le caractère angoissant de la crise de l’emploi qui s’amplifie jour après jour.
S’agissant tout d’abord de l’action développée par Force Ouvrière au sein du CESR, la délégation a tenu à informer le Préfet que ses délégués avaient constamment « joué le jeu », qu’ils ont toujours eu le souci de prendre leurs responsabilités dans les instances où ils siègent pour tenter de donner plus de dynamisme à l’activité économique régionale, avec la volonté de contribuer, non seulement à la préservation des emplois existants, mais aussi à la création de nouveaux.
A ce propos, la délégation Force Ouvrière a regretté que le CESR ne soit pas suffisamment associé par le Conseil régional à l’examen et au « suivi » des grands dossiers, tel celui, d’actualité, de la définition de la politique régionale de la formation professionnelle qui ne saurait laisser les syndicats indifférents. Abordant également les problèmes posés par la décentralisation et la mise en œuvre de la régionalisation, celle-ci suscite des mouvements importants de personnel administratif et technique. La délégation a, sur ce point, insisté pour rappeler, en ce qui concerne la situation administrative, que ces personnels affectés dans les services de la région n’ont pas encore reçu les garanties statutaires souhaitées.
Pour cela, Force Ouvrière souhaite que s’engage au plus tôt un dialogue entre les partenaires, afin d’aboutir à un règlement des problèmes qui se posent à ce niveau.
Sur un plan plus général, les responsables Force Ouvrière ont exprimé au Préfet de région leurs préoccupations à propos des conséquences inéluctables pour les salariés les moins qualifiés, des mesures de licenciements consécutives aux restructurations des entreprises.
Sans méconnaître la réalité de la crise économique et la complexité des problèmes que le gouvernement s’efforce de résoudre dans une conjoncture internationale et nationale difficile, la délégation Force Ouvrière a fait part au préfet de son scepticisme quant aux résultats concrets à espérer à court et même à moyen termes.
En effet, le tassement du pouvoir d’achat des ménages s’accentue alors que, paradoxalement, les statistiques de l’INSEE pour 1984 font apparaître un rétablissement de la trésorerie des entreprises. Les responsables FO ont rappelé qu’ils n’accepteront jamais que le redressement économique s’effectue au détriment des salariés de tous secteurs, privés et publics.
le 14/02/2024 à 18:00
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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