1248504/10/1984VIENNE
Trois à quatre cents personnes ont manifesté hier en fin d’après-midi, de la place Leclerc à la préfecture, pour un meilleur traitement de l’école publique dans le budget de 1985. Pour un rassemblement départemental, il est permis de trouver modeste la participation de la Vienne à cette journée nationale d’action et de protestation organisée par la Fédération de l’Éducation nationale, d’autant que la Fédération des conseils de parents d’élèves et la CGT appelaient leurs adhérents à y prendre part.
Dans l’intervention qu’il prononçait à l’issue du défilé, le secrétaire général de la FEN-86, Michel Veylit, appelait d’ailleurs toutes les organisations concernées à développer la mobilisation, pour obtenir une révision de ce budget. En effet, dit-il, « la rentrée dans la Vienne n’a pas connu de difficultés spectaculaires au point de faire la une des journaux, mais elle est marquée par une dégradation de la situation qui va s’accentuer encore l’an prochain si les prévisions ne sont pas modifiées. S’il est vrai que le budget de l’Éducation est moins malmené que beaucoup d’autres, il n’empêche que les créations de postes de second degré ne permettront pas de faire face au nombre d'élèves supplémentaires... ».
Il attirait en outre l’attention sur le fait que ces créations se font au détriment d’autres catégories d’enseignants et aussi au détriment d’autres agents du service public tels que postiers et agents des finances.
Pour la FEN, c’est une situation « inacceptable » et le gouvernement « qui a déjà beaucoup trop tardé à prendre les décisions qui s’imposent » pour atteindre au niveau de formation dont le pays a besoin, est invité à traduire « enfin » ses engagements en moyens concrets.
Secrétaire départemental de la CGT, M. Christian Lanneau expliquait ensuite la participation de son organisation : « L’éducation, c’est aussi le moyen indispensable d’exercer son droit fondamental : le droit au travail et le droit de vivre dans ce travail et de ce travail... Le rôle fondamental du système éducatif est bien de répondre à un souci d’efficacité économique ». Malheureusement, poursuivait-il, la CGT ne voit pas non plus comment le ministre de l’Éducation pourra atteindre ses objectifs avec les moyens budgétaires qui sont décidés.
Le même décalage « entre les intentions exprimées et les moyens mis en œuvre » était dénoncé par M. Brunet au nom de la FCPE, principalement au regard du « redéploiement de 500 postes d’instituteurs vers les collèges », de la création de 2.600 postes seulement l’an prochain et de « la stagnation des crédits de fonctionnement et d’équipement, compromettant la vie de nos établissements ».
La FCPE, et c’était la spécificité de sa participation, entendait également marquer son interrogation à propos des récentes déclarations du nouveau ministre. Et réaffirmer que si des moyens renforcés sont nécessaires, ils ne suffisent pas à lutter contre les retards scolaires : elle demande un échéancier d’application des rapports Prost, Legrand et « Écoles » et la mise en place des équipes éducatives.
Des représentants des différentes organisations avaient précédemment été reçus par le recteur, M. Bianciotto, l’inspecteur d’académie, M. Vigin, et une rencontre est prévue aujourd’hui avec le préfet, mais ces entretiens ne portent pas sur les difficultés spécifiques à la Vienne.
Photo : Un premier temps seulement de la mobilisation ? « C’est pas quand on est le plus accablé que l’on bouge le plu facilement... » répond un manifestant
le 14/02/2024 à 19:36
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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