1258804/12/1984MONTMORILLON
Mais l’entreprise n’a que dix jours de sursis pour que le plan de reprise soit accepté
La moitié des 632 employés des usines Ranger à Montmorillon et SIM à Chauvigny recevront leur lettre de licenciement cette semaine. La nouvelle a été annoncée hier soir par Me Schmitt, syndic nommé par le Tribunal de Commerce de Versailles, après la liquidation des biens prononcée mardi dernier.
La liste des licenciés sera présentée demain matin, au comité d’entreprise, qui aura à examiner les cas sociaux avant la publication dans l’après-midi. Me Schmitt a précisé que l’unité de la SIM à Chauvigny serait abandonnée.
Mais cette vague de licenciements ne suppose pas encore la survie de l’entreprise. En fonction des finances disponibles, le syndic ne peut maintenir l’activité que durant dix jours. A cette échéance, si le plan de reprise déposé par le groupe Pinault-France n’est pas accepté, il procédera à la liquidation des biens et au licenciement du personnel restant. Il garderait seulement la solution, si de réelles assurances de reprise lui étaient données, du licenciement avec préavis travaillé, mais Me Schimtt a indiqué qu’il ne souhaitait pas en arriver là. Le syndic a précisé par ailleurs que les salaires de novembre seraient virés dans les jours qui viennent et que les licenciés verront leurs congés et leurs préavis payés.
Au sujet de la reprise, on a appris que les négociations étaient toujours en cours avec le groupe Pinault-France et les banques, sur la base d’une partie de l’activité de l’usine de Montmorillon, à savoir Lamilux et l’abandon de certains produits.
Dans la perspective de cette reprise, Me Schmitt souhaite que le travail reprenne le plus vite possible, à Montmorillon et Saulgé, où est installée une unité, pour que les commandes en cours soient honorées. Pour ce faire, il va tenter de débloquer les marchandises et matières premières bloquées par les fournisseurs.
Pour le personnel licencié, dont on connaîtra les noms demain, il restera l’espoir d’une reprise séparée de l’atelier fer de Montmorillon et de la SIM à Chauvigny, au sujet desquels des noms circulent. On parle notamment de Bernard Tapie, sans savoir toutefois par quelle activité il serait intéressé ; au siège parisien hier, on ne démentait pas l’information, mais nous n’avons pu obtenir plus de précision.
Restait à savoir hier soir comment réagirait le personnel et quelle serait la position du syndicat CGT qui jugeait la semaine passée les licenciements envisagés comme inacceptables. Il a été annoncé en tout cas hier, par la voix de M. Francis Martin, secrétaire de l’Union départementale CGT, que les autres travailleurs du bois seraient sollicités pour apporter leur soutien à Ranger.
Photo : Avant la venue du syndic, Me Schmitt, dans l’après-midi, le syndicat CGT avait tenu un meeting dans la matinée d’hier, à l’usine Ranger. Devant la majeure partie du personnel, M. Francis Martin, secrétaire général de l’Union départementale CGT, a invité les employés à faire le point de la situation de l’entreprise, pour servir de base ou discussions, que le syndicat entend mener avec les pouvoirs publics et le repreneur éventuel. (...).
le 26/02/2024 à 17:58
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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