1259005/12/1984MONTMORILLON
La publication des listes de licenciements bloquée
Les négociations se poursuivent toujours à Paris
Alors que les négociations se poursuivent toujours à Paris entre les pouvoirs publics et les actionnaires autour du plan de reprise déposé par le groupe Pinault-France, les usines montmorillonnaises de l’Omnium Français du Meuble sont occupées depuis hier par le personnel.
Par ailleurs, la liste des licenciements annoncée la veille par le syndic n’a pas été rendue publique, après le refus des représentants du personnel au comité d’entreprise de les examiner.
Aujourd'hui, les syndicats appellent à une manifestation à Montmorillon, pour obtenir le soutien de la population.
Hier matin, peu après « l’embauche » le syndicat CGT a appelé le personnel à se réunir. M. Marc Laprie, de l’Union départementale, a rappelé les décisions annoncées la veille au soir par Me Schmitt : 50 % de licenciements, la fermeture de l’unité SIM à Chauvigny, le délai de dix jours laissé dans l’attente d’une solution aux négociations sur le plan de reprise du groupe Pinault-France, avec l’éventualité d’une fermeture totale si elle n'intervenait pas... On avait aussi appris que la paie de novembre serait réglée et que des négociations sont en cours pour le règlement des arriérés au groupe de mutuelles.
On se souvient aussi que le syndic a demandé une reprise rapide de l’activité (...). A ce sujet, il n’a pas obtenu l’adhésion des employés. A la proposition du syndicat CGT d’occuper l’usine, le personnel s’est prononcé pour et les portes, dès 9 heures hier matin, étaient bloquées à Montmorillon ; il en était de même à l'unité de la Trutte de Saulgé, puis dans l’après-midi à celle de la SIM à Chauvigny.
Les licenciements, les employés n’en veulent pas non plus : « impossible de l’accepter, nous disait un représentant de la CGT, alors que nous ne savons même pas pourquoi et dans quelles perspectives ils sont faits ». Les représentants du personnel au comité d’entreprise n’ont donc pas signé le procès verbal de la réunion d’hier, et ont refusé d’examiner la liste élaborée par le syndic comme celui-ci leur avait proposé, afin d’étudier les cas sociaux. Pour ne pas diviser le personnel, les syndicats CGT et CFDT souhaitaient dans la matinée que la liste des licenciés ne soit pas publiée. Et de fait, on a appris un peu plus tard que le syndic la tenait bloquée. Il en aurait reçu l’ordre, a-t-on entendu, en laissant supposer une intervention des pouvoirs publics en ce sens.
A l’issue de la réunion du comité d’entreprise, les délégués CGT et CFDT, employés et cadres des usines de Montmorillon et de Chauvigny, ont rendu publique la déclaration faite devant le directeur d’usine et le représentant du groupe OFM : « Nous renouvelons notre demande, ont-ils dit, pour que de véritables négociations aient lieu à Montmorillon avec le syndic, le pouvoir public et les organisations syndicales afin que la vérité soit faite sur l’état des projets et que chacun puisse se déterminer sur des solutions réelles et durables, connues de tous, et non sur du flou comme cela nous a été présenté par le syndic ».
Savoir où l’on va. Voilà ce que veulent les employés qui ont rencontré en délégation le maire de Montmorillon dans l’après-midi. Ils ont reçu son appui pour demander à ce que les négociations se déroulent à Montmorillon, mais également pour que les maires des communes concernées soient saisis du problème et qu’un contrat soit pris avec les commerçants en vue de les associer à une démonstration de soutien. Au cours de la réunion, M. Jean Bertrand, a aussi confirmé qu’il avait été contacté par un éventuel repreneur pour l’atelier « fer », mais sans en divulguer le nom.
Par ailleurs, les syndicats ont appelé à une manifestation du personnel ce matin à Montmorillon, pour sensibiliser la population et dans le cadre d’une entrevue sollicitée auprès du sous-préfet.
Les occupations des usines, quant à elles, devraient se poursuivre tant que les employés ne seront pas associés aux négociations.
Des négociations qui se poursuivaient toujours au niveau parisien, ainsi que nous le confirmait hier M. Jean Leprince, vice-président du groupe Pinault-France, en renouvelant son espoir de les voir aboutir.
Photo : Hier matin le personnel de l’usine Ranger s’est réuni pour écouter les représentants du syndicat CGT proposer des actions. Au vote à main levée il est décidé de refuser les licenciements annoncés la veille par le syndic et de bloquer les portes de l’usine montmorillonnaise comme celle des unités de Saulgé et de Chauvigny. Dans la journée on apprenait que les négociations se poursuivent toujours au niveau des pouvoirs publics et des actionnaires de OFM autour du plan de reprise proposé par le groupe Pinault-France
le 26/02/2024 à 18:10
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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