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1285227/08/1985POITIERS

UN DEGRÉ DE PLUS DANS L'OCCUPATION DE TESRO — LE PDG SÉQUESTRÉ

L'usine TESRO de Chasseneuil reste agitée à la suite de l'annonce de 19 licenciements et de la décision de la CGT d’occuper l’établissement. On se souvient que la semaine dernière le tribunal a ordonné l’expulsion des locaux et l’apposition des scellés sur le stock. La direction n’a pas demandé l’intervention de la « force publique » pour faire exécuter ce jugement.

Pour autant, la situation n’est pas calme puisqu’hier le P-DG de l’entreprise, M. Brun, a été séquestré durant plusieurs heures par des salariés venus réclamer un retard de salaires. Entre autres aspects du problème développés par la CGT et évoqués ces derniers jours dans nos colonnes, figuraient en effet les retards de salaire de juillet et les congés payés.

Une fois le siège du dirigeant levé, ils ont été reçus à la Préfecture, en sa présence.

La CGT n’a pas caché sa volonté de « s’appuyer » sur le conflit TESRO pour tenter de mobiliser en cette rentrée. Et la tournure prise hier par les événements ajoute en effet au retentissement du problème, mais les réactions enregistrées ne sont pas forcément celles qu’attendait le syndicat.

Les cadres déplorent

En effet, le personnel d’encadrement, après avoir souligné que « l’ensemble de l’environnement et le personnel restant travaillent dans le sens de la continuité de l’entreprise », écrivait hier :

« ... Il est à déplorer que dans le même temps, la CGT, fidèle à sa politique actuelle, mette tout en œuvre pour faire échouer ces mesures. A savoir : articles de presse effrayant sans raison la clientèle et occupation de l’usine gênant les contacts commerciaux, avec comme conséquence le report de rentrées de trésorerie retardant notamment les salaires.

« Ce qui précède est aggravé par la séquestration du P-DG, à un moment ou son action est particulièrement nécessaire. Si une telle attitude irresponsable devait se poursuivre, ses auteurs porteraient l’entière responsabilité des conséquences inévitables... ».

L’Union patronale condamne :

« Les événements très graves qui se sont produits dans l’entreprise TESRO ne peuvent êtres passés sous silence : une occupation suivie d’une séquestration d’un dirigeant.

« L’Union patronale condamne des actions de la CGT qui en est à l’origine avec comme souci unique, celui de se faire de la publicité en vue de la rentrée.

« L’entreprise ne faisant pas partie de l’Union patronale, nous ne nous prononcerons pas aujourd’hui sur les aspects économiques. Nous avons cependant la certitude qu’au bout du compte les vrais perdants seront les salariés dont certains étaient en plus eux-mêmes actionnaires, l’ensemble des actionnaires, les entreprises fournisseurs et les collectivités ».

« En encourageant depuis plusieurs semaines, les salariés ou anciens salariés à mener des actions violentes qui ont conduit à l’occupation condamnée par une décision de justice et aujourd’hui à la séquestration du dirigeant, la CGT anéantissait tous les espoirs de redémarrage.

« Les Pouvoirs publics, par un certain attentisme, qu’il s’agisse des délais à accorder des licenciements, des atermoiements sur les engagements financiers, du manque de fermeté face à des actions illégales, n'ont pas créé l’environnement stable qui aurait donné toutes ses chances à l’équipe restée en place. Si l’analyse conduisait à l’impossibilité totale de redémarrer, il eut été préférable d’être clair. Nous craignons fort que la CGT ait atteint son objectif publicitaire mais que tous les autres acteurs soient perdants.

« L'Union patronale souhaite que dans ce genre d’affaire, le bon sens l’emporte, que la justice puisse jouer normalement son rôle et que l’auteur d’une faute pénale soit effectivement condamnée quelle que soit sa fonction dans l’entreprise. Comme elle est intervenue immédiatement pour obtenir la liberté d’action du dirigeant, l’Union patronale continuera à le faire en toute circonstance. Elle rappelle qu’une décision prise sous la contrainte, outre le fait qu’elle est nulle juridiquement, condamne moralement ceux qui l’utilisent.

« La CGT a prouvé une fois encore en encourageant ces pratiques qu’elle était un syndicat retardataire et que les méthodes arriérées utilisées se retournent finalement contre les salariés Elle aura en effet fait commettre à certains d’entre eux en profitant de leur désarroi, des actes graves qui ne les aideront pas demain à retrouver du travail.

« Les difficultés des entreprises sont telles que nous ne pourrons réussir des redémarrages que lorsque le bon sens et le sens des responsabilités l’emporteront ».

 

 

le 15/03/2024 à 12:45

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

caravane, licenciement, séquestration, protestation, patronat

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