1292025/10/1985VIENNE
A l’appel de la CGT, en cette journée nationale d’action, le regroupement des grévistes et des manifestants était programmé au Jardin de Blossac, Derrière les responsables départementaux de la confédération, se retrouvèrent quelques centaines de salariés, en majorité fonctionnaires des services publics. Mais des banderoles marquaient la présence de délégations d’usine, comme la SAFT, Michelin ou GMA Dassault.
Rejoint par un groupe de Châtellerault, le cortège prit peu après 11 h, la direction du centre-ville. Après un tour de place d’Armes, les participants - plus d’un millier selon les organisateurs, cinq cents pour les observateurs de la police -, rallièrent la place de la Préfecture.
Le discours fut signé Francis Martin. Et tandis qu’il entamait son rapport de dix-sept pages, bilan de l’état économique de la France et du département, une “contestataire” prit place à coté de lui, près des micros.
Ancienne employée du comité d’entreprise de la SFENA, licenciée pour des problèmes d’ordre personnel au sein de son service, elle souhaitait ainsi attirer l’attention. Et même si elle ne put prendre la parole, elle créa la surprise.
Ce qui n’empêcha pas le secrétaire général de l’UD de poursuivre, imperturbable, son analyse. « Les attaques de grande portée menées contre les droits des salariés du secteur privé et public, parce qu’elles relèvent de choix économiques et sociaux identiques dans une crise qui s’aggrave, se traduisent partout par une dégradation brutale des conditions d’emploi, de rémunération, de qualification. Les atteintes aux libertés se multiplient... », a expliqué Francis Martin.
Et de dénoncer, au niveau de l’emploi, les TUC et autres “artifices”. Pour la CGT, « il s’agit, avec les jeunes, d’exiger leur stabilisation, une rémunération correcte, des conditions identiques aux autres salariés ».
En conclusion, la CGT souhaita que ce 24 octobre marque « un coup d’accélérateur à l’action, qu’il s’inscrive dans un processus de lutte qui prenne racine dans l'entreprise ». Ceci pour une plus grande efficacité, et pour que vienne « le progrès économique et social de notre département ».
Des conséquences très localisées
La CGT recensait une soixantaine de sections représentées au rassemblement départemental, « incontestablement plus réussi que celui du 20 juin ». A titre d’exemples, elle citait des participations à la grève de l'ordre de 15 à 30 % aux PTT, de 15 à 20 % dans les organismes de Sécurité sociale, de 15 % à la Direction des affaires sanitaires et sociales, 25 % à l’ERGM, 14 % à la Direction du Travail, etc.
Dans le secteur privé, il est d’autant plus difficile de connaître l’impact de cette journée que les actions prennent des formes très diverses, avec ou sans arrêt de travail.
Hormis les embarras de la circulation, en tout cas, les conséquences pour les usagers auront été limitées. Le trafic SNCF a été quelque peu touché comme nous l’annoncions hier. La circulation des bus urbains a subi des retards et certains services n’ont pas été assurés.
Aux Postes, où la direction relevait 6 % de grévistes eu service général et 11 % à la distribution, les tournées de courrier ont été effectuées à peu près normalement sauf à Neuville-de-Poitou. Peu de coupures enfin à EDF où les grévistes représentaient 45 % du personnel selon la direction.
A Châtellerault
Sur Châtellerault, 150 à 200 personnes se sont rassemblées avant de gagner Poitiers. Une coupure de courant d’une demi-heure a affecté la zone industrielle nord, le Sanital et Cenon dans la matinée. On relevait une bonne participation à la grève chez les pompiers, mais moins de 10 % aux PTT et à peine plus de 5 % à la mairie.
Dans le privé, très faible participation, sauf peut-être à la Sochata où deux débrayages auraient concerné 60 % de l’effectif.
Photo : Le défilé de la CGT à la hauteur du square de la rue Magenta
le 20/03/2024 à 13:10
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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