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1296719/12/1985CHATELLERAULT

COMASEC-PROTECH : UN DIAGNOSTIC COMMUN DES UNIONS CGT DE DREUX ET CHATELLERAULT

« Le maire de Châtellerault vole des emplois à Dreux pour améliorer son look à l’approche des élections », déclarent les représentants des deux unions

Hier, l’Union locale CGT de Châtellerault, à laquelle s'est joint F. Martin représentant la région, et celle de Dreux ont tenu une conférence de presse commune à la Bourse du travail. Sujet abordé : le transfert de l’usine COMASEC de Dreux, appelée à prendre le nom de PROTECH à Châtellerault ; et, en toile de fond, les perspectives toutes récentes esquissées par M. Berend : embauche dans un futur immédiat de 40 à 50 piqueuses, faisant l’objet de test actuellement dans les locaux Gallus, puis deux autres vagues en février et en mars ; mise en route également, au printemps, des locaux neufs prévus en zone Nord et 400 emplois possibles dans un an...

M. Levasseur, secrétaire de l'UL Châtellerault, croit utile de resituer l’opération dans son contexte. Elle intervient sur un terrain de « résignation », sécrétée elle-même par une triple argumentation : nécessité de moderniser, donc d’accepter l’austérité ; manque de débouchés ; manque d’argent pour développer l’emploi.

Ces affirmations officielles sont loin de recevoir son agrément, car les besoins sont loin d’être tous satisfaits, car l’argent existe (« les profits ont augmenté de 50 % en trois ans dans les entreprises », dit-il) et même se gaspille (« sur un budget de 1.000 milliards 300 milliards servent à licencier ! ») enfin l’austérité engendre le chômage : « le chiffre des 7.000 demandeurs d’emploi vient d’être dépassé à Châtellerault.

Et tout cela sans parler de phénomènes insidieux tels que généralisation d’un SMIC à 2.400 F par le biais des TUC, travail en sous-qualification.

Alors que l’on glisse sur cette mauvaise pente, il s’indigne : « Après les oléagineux, on nous propose COMASEC. Des emplois volés bénéficiant de primes à la création et d’un prêt sans intérêt. Ce n’est pas de ce genre d’emploi qu’a besoin le Châtelleraudais et ce n’est pas à cela que doit servir l’argent public ! ».

Inadmissible de la part du gouvernement

Le secrétaire de l’Union de Dreux prend la parole à son tour. Avec 5.000 chômeurs et un taux de chômage qui, pour être inférieur à celui de Châtellerault - explique-t-il - l’agglomération de Dreux ne voit pas partir d'un bon œil les quelque trois cents salariés de l’usine COMASEC de Dreux-Vernouillet dont 60 % de femmes. Il balaie les raisons invoquées : locaux trop petits, pollution... « Des prétextes, dit-il, car la place existait à moins de 3 kilomètres, et aucun moyen efficace n'a été mis en œuvre pour réduire la pollution ! La raison réelle du départ de COMASEC, affirme-t-il, c'est la spéculation financière sur le dos des travailleurs ». Et de faire le compte avec son homologue châtelleraudais : « Rendez-vous compte de ce que va ramasser COMASEC : 18 millions sur 15 ans prêtés sans intérêt par la municipalité de Châtellerault ; 5,7 millions de francs des pouvoirs publics pour les prétendues créations d’emplois ; l’exonération de la taxe professionnelle ; un prêt avantageux de 30.000 F par emploi par une société nationalisée. Alors que COMASEC est en très bonne santé ! ».

« Et voyez donc par ailleurs les incidences sur le bassin d'emploi de Dreux : 300.000 F par emploi offerts aux entreprises qui reclasseront les travailleurs, prime de retour aux étrangers ; avec les effets seconds sur le budget de Dreux et Vernouillet, sur le commerce local. Si COMASEC suit sa propre logique capitaliste, l’attitude du gouvernement qui opère cette casse aux frais des contribuables est inadmissible ! ».

Vérité ici erreur là-bas

Une des deux ouvrières de COMASEC qui a fait le déplacement de Dreux relève des contradictions dans les propos tenus par la direction qui fait état d’une Implantation rapide à Châtellerault (un an) et se fait rassurante à Dreux en déclarant que rien ne se fera avant deux ans.

Elle attire l’attention sur les cadences « infernales » de l’usine et sur la modicité des salaires : « une piqueuse ne perçoit que 4.500 F au bout de dix ans ».

Tandis que G. Levasseur s’insurge contre les finasseries qui amènent à régler le sort des travailleurs à leur insu sans qu’il puisse y avoir contrôle des capitaux, F. Martin, secrétaire de l’Union départementale, dénonce une pratique qui se généralise avec des fortunes diverses : l’annonce de créations d’entreprises dans un but publicitaire en période électorale.

Il cite les fonderies du temps de MM. Monory et Abelin ; Civaux ensuite avec Mme Cresson ; les oléagineux, etc. « Avec COMASEC, le maire de Châtellerault veut améliorer son look, ce qui ne l’empêche pas d’être solidaire des propositions sur la flexibilité dont le résultat serait l’aggravation des conditions de travail ».

En terminant, G. Levasseur préconise une autre forme de création d’emplois, en développant les industries en bonne santé, SOCHATA, UMD, Aigle ou d’autres qui font des heures supplémentaires ou font appel à des emplois précaires, puis le service public (hôpital, PTT et même communaux !). « Cent cinquante emplois peuvent être créés dès à présent et en cherchant on en trouverait 250. Nous avons, nous, des propositions à faire ! ».

 

 

le 28/03/2024 à 09:22

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

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