1303115/02/1986CHATELLERAULT
Où il serait question d’un second repreneur…
On attendait pour cette semaine la suite et fin de l’histoire Aldo puisque l’on avait indiqué qu’à coup sûr cette fois, une décision serait prise ces derniers jours par le tribunal de commerce et qu’il ne manquait plus guère qu’à annoncer officiellement la reprise... Las, les jours ont passé et le juge commissaire est resté tout aussi muet que ce à quoi il nous a habitué. A tel point que l’inquiétude n’a cessé de grandir chez les employées qui ne savent plus guère à quelle personnalité se vouer pour obtenir des informations. Heureusement, ce vendredi matin, rendez-vous avait été pris avec Mme Edith Cresson, à partir duquel on escomptait beaucoup.
Aux environs de 9 h 15, une forte délégation d’environ 70 personnes, comprenant notamment Mlle Adhumeau, représentante du personnel, et Mme Lucquiaud, déléguée CGT, se présentait donc à la porte de la mairie. Devant le nombre et les banderoles déployées, il était décidé que la rencontre se ferait à la salle de l’ancien musée. Là, le ministre-maire, accompagnée de M. Croizet, indiquait que la reprise était en bonne voie et qu’il serait statué sur le dossier avant la fin de la semaine prochaine. Une réunion d’information où, vraisemblablement, toutes précisions seront données, aura d’ailleurs lieu lundi matin à l’entreprise...
Par ailleurs, il a été indiqué - hors réunion - qu’un industriel parisien serait éventuellement intéressé par l’embauche d’une bonne partie des employées qui resteraient sur le tapis après la reprise de M. Gaume, tant à Châtellerault qu'à Tournon et Eguzon. Ce dernier, d’après ce que l’on sait, envisagerait dans ce cas de s’installer à Châtellerault. Enfin, pour ce qui concerne une entreprise qui doit se monter à Dissay et ouvrir ses portes en mai avec 20 employés, Mme Cresson a souligné que la situation à cet égard était pour le moment trop floue pour qu’elle puisse s’avancer sur ce point.
Quant aux salaires, il nous a été dit que les bordereaux avaient été envoyés, les chèques devant être perçus la semaine prochaine...
Pour sa part, la CGT nous a adressé un communiqué dont on pourra lire le contenu ci-dessous.
La CGT reste très vigilante
« Ce matin s’est tenue une réunion des salariées de chez Aldo and Co avec Mme Cresson. Environ 80 salariées étaient présentes. Visiblement… le ministre en attendait bien moins.
Selon Mme Cresson, la balle est toujours dans le camp du tribunal de commerce. Des contacts devraient avoir lieu cet après-midi avec les banques pour la solution de reprise Gaume.
Toujours selon Mme Cresson, les salariées non reprises seraient reclassées. Pour la CGT cela est indispensable, car la solution Gaume, selon les informations captées ici ou là, laisseraient une centaine de salariées au chômage.
Quant à la table ronde demandée par la CGT, le ministre se retranche derrière la procédure classique et à aucun moment n’a exprimé son avis sur la question ; on ne veut pas associer la CGT, c’est clair, alors que les relations sont tout autres avec la « représentation officielle » des salariées.
Une fois de plus, les dossiers sont établis dans le dos des travailleuses, la CGT reste donc très vigilante.
Elle sera présente dès lundi matin à l’entreprise, où M. Gaume tiendra une réunion d’information sur l’éventuelle reprise. En attendant la campagne de sensibilisation de la population est engagée et recueille un écho très favorable, à travers la signature des pétitions.
Pour les salaires dus au 31, les bordereaux sont partis chez Me Bérault, le solde de la paie de janvier étant payé par les ASSEDIC, il faut donc attendre une dizaine de jours pour le percevoir.
Comment va-t-on pouvoir vivre avec six jours de salaire ? Surtout quand on sait que la plupart des salaires sont au SMIC. C’est inacceptable ».
le 01/04/2024 à 15:40
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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