1333017/01/1987CHATELLERAULT
Pas d’évolution notable ce vendredi à la SFENA où, après la manifestation de jeudi à la sous-préfecture, les salariés devaient rencontrer des membres influents de la direction, en l’occurrence, M. Rozier, responsable de l’unité locale et M. Morain, directeur des divisions de la navigation-instruments. Un tour de table important pour les employés qui avaient demandé ce rendez-vous sous forme d’ultimatum il y a quelques jours et qui étaient représentés par l’intersyndicale FO, CGT, CFDT, CGC. Des questions ont ainsi été posées sur la charge de travail en particulier puisque celle-ci a été annoncée comme stable pour l’année 87, en hausse pour 88, cela alors que l’on parle suppression de postes. Il a bien été confirmé, côté direction, qu’il y aurait sans doute suffisamment de travail dans les années à venir, mais que le dégraissage correspondait à une volonté de rentabilité. S’il y a alors des besoins complémentaires, fut-il dit, « l'entreprise réembauchera ».
Jusqu’à présent, les suppressions de postes se sont effectuées en douceur : 1982, contrat de solidarité préretraite ; 1983, contrat de solidarité RTT ; 1984, FNE ; 1985, FNE.
Cette année, la démarche de la direction s’appuie sur deux constats : 1er constat, 1986 est une bonne année en charge de travail et en chiffre d’affaires (1.400 MF et résultat équilibré) ; 2e constat, prévision en 1988 d’un chiffre d’affaires de 1.600 MF (+ 14 %) ce qui donnerait, si on ne change rien, un résultat positif de 20 MF.
Selon la direction générale, la SFENA a du travail mais ne gagne pas assez d’argent, ce qui est dangereux pour son avenir.
Après comparaison de certains ratios dans les entreprises du secteur aéronautique, la direction calcule que la SFENA pourrait dégager 100 MF (en appliquant ses mesures, ce qui enthousiasmerait la SNIAS et les actionnaires).
Les syndicats ont de leur côté affirmé leur hostilité à cette formule qui verrait des employés de longue date remplacés pour partie par des CDD, et ils ont proposé un ensemble de solutions techniques pour éviter les éventuels licenciements. Malgré plusieurs heures de discussion, aucun accord n’a pu être trouvé et l’intersyndicale a donc décidé deux actions : cet après-midi, elle a ainsi envoyé un télex à M. Guigue, directeur général, lui demandant une rencontre avant vendredi prochain. Par ailleurs, elle a indiqué qu’une réunion d’information du personnel se tiendra ce lundi 19 janvier à 15 heures, à la fois pour transmettre les derniers éléments apportés par la direction et étudier les modalités concernant les prochaines actions...
Rappelons que ce sont 107 postes qui se trouvent actuellement en jeu !
le 05/05/2024 à 16:52
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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