1500306/01/1993NAINTRÉ
Le désengagement de l’État pourrait entraîner quatre licenciements d’éducateurs
Heurts et malheurs du CEFORD, le centre de formation de Naintré a connu cette semaine un nouveau rebondissement : le lancement d’un mouvement de grève qui touche l’ensemble du personnel, soit environ une quinzaine d’employés qui gèrent au quotidien cette unité d’accueil des jeunes placés par la justice et en situation difficile.
Le feu aux poudres aura été mis fin décembre par une lettre du président de la Sauvegarde et défense des adolescents – ADSEA -
M. Durant, courrier qui, adressé au préfet de région et au président du conseil général, évoquait à la fois la diminution des crédits accordés au CEFORD et par voie de conséquence, la suppression de quatre postes d’encadrement et de dix accueils sur les quarante-quatre actuellement assurés par l’établissement.
Explication, le budget prévisionnel du centre s’élevait à près de cinq millions de francs, la moitié étant pris en charge par le Département ; environ 800.000 francs par la justice ; plus de 560.000 francs par les départements extérieurs ; le reste, soit plus de 1,12 million par la Sécurité sociale. Or celle-ci a annoncé qu’elle se désengageait complètement à compter de ce 1er janvier, mettant l’ADSEA devant les faits et engageant donc celle-ci à prendre une décision.
C’est dans ce cadre que le président Durant soulignait dans sa lettre : « A partir de ce mois, quatre éducateurs (NDLR : ou équivalence en postes), seront mis au chômage et l’établissement ayant actuellement quarante-quatre jeunes, ne pourra assurer l’insertion que de trente-quatre enfants. Nous demandons que les dix jeunes excédentaires soient l’objet d’un placement provisoire dans un autre établissement ».
« Des SDF en puissance »
La petite note a fait bondir le personnel du CEFORD qui a tenu à rencontrer M. Durant, ce mardi après-midi, à Naintré. Là, M. Pedronno et ses collègues ont insisté sur le fait que ce n’était pas à l’ADSEA, organisme de protection de l’enfance, à réduire son aide, mais bien aux payeurs d’assumer leurs décisions, en l’occurrence, principalement l’État. Et de souligner que les jeunes pris en compte, à qui l’on offre une formation déjà réduite par rapport à ce qu’elle fut – s’il reste en effet des ateliers peinture, plâtrerie, horticulture, cuisine, orientation professionnelle, on a supprimé métallerie et couture par départ en retraite et fin de contrat – connaissant de grandes difficultés ; font l’objet de placements suite à des enfances difficiles ; constitueront, si on ne leur apporte pas aide et conseil, les futurs bataillons des « Sans toit ni loi » dont il est largement question ces jours comme cela fut aussi avec le cas Philippe Gentil.
Convaincus de l’utilité de leur mission, les salariés du CEFORD en grève ont décidé de lancer un appel et de rencontrer au plus vite les élus et les instances administratives.
Claude Aumon
le 06/01/2025 à 13:30
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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