« Retour

1500712/01/1993NAINTRÉ

CEFORD DE NAINTRÉ : DE MAL EN PIS

Tandis que la grève des personnels se poursuit, la situation, loin de s’améliorer, se dégrade

Après le mouvement de grève de la semaine passée et les rencontres à plusieurs niveaux, le personnel du Centre de formation des jeunes en difficulté (CEFORD) de Naintré indique, dans un communiqué, que la situation, loin de s’améliorer, est en train de se dégrader rapidement. On souligne ainsi « qu’après une rencontre association - État - département, le vendredi 8 janvier, ceux-ci ont convenu d’une reconnaissance du CEFORD et donc d’un financement, à hauteur de 34 jeunes accueillis (au lieu de 44 actuellement et 55 auparavant). Cette nouvelle capacité d’accueil entraîne la perte de quatre temps pleins.

De plus, le Conseil général se refuse à payer la totalité d’une prise en charge : il paiera soit l’hébergement, soit le CEFORD. Il n’y aura donc plus de possibilité pour les hébergements de faire suivre au jeune placé avec prise en charge du Conseil général, un enseignement scolaire et professionnel spécialisé au CEFORD ».

Le personnel en grève continue donc ses actions auprès de la DISS, de la préfecture, de la DASS de la CRAMCO.

Plus d’enfance en danger ?

Par ailleurs, une lettre ouverte a été adressée par les personnels CFDT et CGT à M. Monory, lettre dont voici l’intégralité :

« Le département de la Vienne se démarque. En effet, si nous tenons compte de l’attitude des tutelles DASS, DISS et Sécurité sociale, et de vos positions sur le non-financement d’une structure telle que le CEFORD (Centre éducatif et de formation départemental), nous sommes forcés de penser qu’il n'y a :
- plus de jeunes exclus des structures scolaires ;
- plus de jeunes livrés à eux-mêmes dans les cités de Poitiers, Loudun, Châtellerault, etc ;
- plus de jeunes qui n’ont pas eu la chance d’avoir des parents ;
- plus d’enfants battus, plus d’enfants en danger dans certaines familles.

Mais de qui se moque-t-on ? Il est vrai que les enfants du CEFORD ne ressemblent en rien à l’élite des élèves qui sont reçus sur le merveilleux site du Futuroscope pour lequel le Conseil général et d’autres ne regardent pas à la dépense. C’est à croire que, dans un avenir proche, il n’y aura de la place que pour une certaine catégorie de jeunes.

M. Monory, en qualité de président du Sénat et président du Conseil général, vous allez bientôt avoir résolu tous les problèmes d’une jeunesse en danger, à condition de prévoir de nouvelles prisons.

Messieurs les Politiques, l’abandon de cette jeunesse ne peut avoir lieu en 1993, car dans un avenir proche, il vous faudra rendre des comptes à la société, et cela risque de vous coûter plus cher qu’une journée au CEFORD ».

 

 

le 06/01/2025 à 13:37

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

jeunes, budget, effectif, grève, pouvoirs publics, lettre

« Retour

Espace Militants v0.3 - UD CGT 86 - http://cgt-ud86.org

Site UD 86 - Espace militants - Espace formation