1520123/09/1993ITEUIL
Alors que la commune est encore sous le choc de la fermeture prochaine de Ménigault, les employés tentent de s’organiser, face aux décisions du groupe Otor
Devant la préfecture de Poitiers, les élus CGT de la cartonnerie Ménigault à Iteuil sont déçus. Hier soir, ils espéraient être reçus en même temps qu’une délégation du personnel du chantier de Civaux. Le préfet a refusé, prétextant qu’aucune décision n’était officiellement prise à Iteuil, puisque le comité central d’entreprise n’est convoqué que pour vendredi prochain. « Dommage, lâche un syndicaliste, vendredi, il sera certainement trop tard. Il est pourtant préférable de prévenir que de guérir ».
Pour vendredi, la CGT a appelé les personnels d’Iteuil (cartonnerie et papeterie), mais aussi ceux des autres usines du groupe Otor à débrayer pendant une heure ou deux à partir de 10 heures, au moment même où la direction réunira le comité central d’entreprise pour discuter du plan de restructuration du groupe Otor, dont la principale conséquence est la fermeture de la cartonnerie d’lteuil, sur le site de Papault (170 emplois).
Aujourd'hui, on connaît les propositions de la direction : 113 salariés d'Iteuil seraient reclassés en dehors du département (42 à Godard en Charente, 30 à Otor Dauphiné, 21 en Normandie, 17 dans la Somme, 3 dans les Vosges), 4 déplacés à la papeterie d’Iteuil, 8 licenciés pour longue maladie, 22 resteraient sur place (essentiellement des chauffeurs), 1 partirait à la retraite, 2 ne seraient pas encore reclassés, enfin 20 pourraient bénéficier d’un plan FNE (dont 7 exceptionnellement à partir de 55 ans). Les salariés qui refuseraient une mutation n’auraient d’autre choix que le licenciement économique
Dans le même temps, un plan FNE serait appliqué pour 22 salariés charentais du groupe.
Iteuil sous le choc
Tandis que les salariés de Ménigault tentent de réagir, dans les rues d’Iteuil on ne parle plus que de la fermeture de la cartonnerie
Une trentaine de familles, dit-on, serait sur le départ, d’autres n’osent se prononcer sur leur véritable sort. Comme le souligne la patronne de la Boutique Michèle, « il est évident qu’à l’heure actuelle, avec la crise, lorsqu’on est muté, on est dans l’obligation de partir. On n’a pas vraiment le choix d'ailleurs : c’est partir ou être au chômage. Et si le conjoint travaille aussi et qu’il ne peut obtenir sa mutation, le problème se complique : l’un abandonne son travail tout en sachant ce que ça implique en terme financier ou les deux gardent leur situation avec parfois des kilomètres de séparation... Et la vie familiale dans tout ça ! ».
Du côté des commerçants, certains hésitent à se prononcer. Au « Sporting Bar », M. et Mme Fernandez-Lopez sont inquiets : « Déjà, lorsqu’ils ont interdit aux camions de passer par Iteuil, nous avons enregistré une baisse d’activité, notamment à midi puisque les routiers venaient manger ici. De nombreux ouvriers de l’usine, domiciliés hors d'Iteuil, viennent encore prendre leur repas. Pour nous, le malaise est grand ». Mme Priego, gérante de la librairie, ne pense pas que la fermeture de la cartonnerie aura une incidence sur l’activité du magasin. « Bien sûr, nous allons perdre des clients, mais les maisons vont être vendues ou louées et nous aurons de nouveaux clients. Mais quand même, ça fait mal de voir des gens obligés de partir, surtout lorsqu’on les connaît ».
Reste à voir, et c'est la peur non dissimulée des Iteuillais, si le taux d’imposition ne va pas se sentir pousser des ailes ! Rendez-vous pour cela à l’automne 94
Photos : La belle usine inaugurée au début des années 70 ne sera bientôt plus qu’une coque vide. Ce que refusent les élus CGT de la cartonnerie déçus de ne pas avoir été reçus par le préfet
le 31/01/2025 à 15:53
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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