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1529015/12/1993LOUDUN

COPROVAL : LE LOUDUNAIS RÉAGIT

Direction et personnel font appel du jugement du TGI. Les salariés sont descendus dans la rue

Quand le champignon est enrhumé, le Loudunais éternue. La décision du tribunal de grande instance survenue lundi au sujet de COPROVAL et la filière champignon a vite provoqué des réactions. Mardi matin, à l'appel de la CFDT, les salariés ont entrepris de se rendre en centre-ville en cortège. Le marché a donc connu une animation inattendue mais qui ne prenait pas les airs de gaité que l’on aurait pu attendre à une telle époque. Distribuant des tracts rappelant les sacrifices consentis pour essayer de préserver les emplois, à savoir renonciation aux primes en 1992, diminution de 20 % du salaire depuis le passage à mi-temps, les salariés ont défilé en scandant : “On veut du boulot, COPROVAL veut du boulot, les caves veulent du boulot, Monory du boulot, etc.” ».

Pour que la manifestation soit bien comprise de tous, les employés ont effectué une large distribution de champignons frais auprès de la population dans les rues. Après avoir sillonné celles-ci, les manifestants se sont rendus à l’hôtel de ville où une délégation a été reçue par MM. Fredaigue et Touret, adjoints au maire qui confirmèrent tout le soutien de la municipalité et envisagèrent avec les délégués les possibilités de faire appel. Après diverses réunions et consultations dans la journée, entre autres pour en définir les modalités, il a décidé d’interjeter appel pour la société COPROVAL ainsi que pour les caves de M. Beaufils.

Restaient également à convaincre les salariés de la SCA de compostage de soutenir cette démarche.

La municipalité espère une reprise

« Depuis plus de dix-huit mois, la municipalité se bat pour maintenir les emplois dans la filière champignon du Loudunais », souligne un communiqué de la mairie de Loudun.

« Suite à la baisse continue du prix du champignon, COPROVAL et la plupart des producteurs ont été contraints de déposer le bilan et un redressement judiciaire a été prononcé depuis avril 1993 avec prolongation en septembre dernier jusqu’au 6 décembre.

« Des perspectives plus favorables pour la reprise de l’activité et donc le maintien des emplois se dessinaient avec une proposition présentée au tribunal de grande instance de Poitiers, seule juridiction compétente pour les coopératives. La Ville, pour sauvegarder les emplois, proposait le rachat des bâtiments permettant ainsi l’apport de fonds propres supplémentaires.

« Malheureusement. le tribunal de grande instance a retenu une autre proposition qui privilégie, semble-t-il, surtout l’aspect financier à l’intérêt général et social.

« Solidaire de tous ceux qui sont touchés par cette situation, la municipalité espère que l’appel du jugement interjeté par la direction et le personnel sera pris en compte par la cour d’appel afin de préserver à tout prix l’emploi.

Photo : Les salariés dans le centre-ville ont distribué tracts et champignons frais

 

 

le 10/02/2025 à 17:16

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

agro-alimentaire, champignon, restructuration, manifestation

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