1531425/01/1994POITIERS
Partant de l’exemple de la Société des transports Poitevins, la CFDT s’interroge sur les blocages syndicaux
Comment peut-on encore mener des négociations dans les entreprises en ignorant le chômage ? C’est la question que pose la CFDT en partant d’un cas concret, celui de la Société des Transports Poitevins. Minoritaire dans cette entreprise, elle n’en apporte pas moins des propositions pour améliorer les conditions de travail et créer des emplois.
Ainsi a-t-elle proposé 35 heures de travail - au lieu des 38 actuelles - en gardant les 113 jours de repos annuels et sans perte de salaire. Son étude prouve qu’en diminuant le temps de travail, on diminue l’amplitude (temps de travail plus coupures qui vont de 30 minutes à 5 heures pour les contrôleurs-receveurs). « Dans 50 % des services, on arriverait à travailler en continu en récupérant ainsi cent demi-journées par an », annonce l’étude. Demi-journées profitables au personnel qui aurait plus de temps libre. Cette proposition génère également douze emplois à plein temps, ou vingt-quatre a mi-temps payés au SMIC. Des avantages non négligeables et le coût d’embauche serait largement compensé par une meilleure rentabilité et une baisse sensible de l’absentéisme.
Ce premier projet a été rejeté par la direction. Et les autres syndicats, FAT (Fédération autonome des transports, majoritaire) et CGT « l’ont violemment critiqué ».
Second projet : 36 heures un quart par semaine pour 104 jours de repos, aussi mal reçu par la FAT et la CGT « qui nous ont fait subir des pressions énormes », dit la CFDT, expliquant que les 9 jours de congé supprimés ne sont pas un acquis mais correspondent à un quart d’heure de plus de travail par jour.
Pourquoi cette obstruction systématique menée par la FAT et la CGT, interroge la CFDT qui juge « aberrante et rétrograde » la proposition de ce dernier syndicat : « Plus de repos mais en travaillant plus ». Voilà bien, pour France Joubert, secrétaire régional de la CFDT, l’exemple du syndicalisme qui peut aussi être un obstacle à la création d’emploi. « Une grande part du chômage est due au blocage de discussion entre les gens. Or, on ne peut plus aujourd’hui commencer l'ombre d’une discussion sur l’organisation du travail, donc du temps de vie, sans penser aux demandeurs d’emploi ». Sans chercher noise aux autres organisations syndicales présentes à la STP, la CFDT « déplore ces querelles stériles » et demande « un peu d’intelligence syndicale ».
Odile Moniot
le 20/02/2025 à 17:53
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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