1534319/02/1994CIVAUX
La table ronde entre le GIEC (Fougerolle) et les grévistes a donné des résultats positifs, hier, à Civaux. L’entrée de la centrale a été libérée
Les deux parties avaient chacune de bons arguments à faire valoir : l’accord s'est donc vite fait, hier, lorsque les syndicats et la direction du Groupement d’Intérêt économique de Civaux se sont retrouvés, après deux jours et demi de grève, autour d’une même table, sous le regard de l’inspecteur du travail et en présence du directeur de l’Aménagement EDF de Civaux, M. Mazet.
C’est en milieu de matinée que les discussions ont commencé au moment même où les délégués CGT et CFDT étaient appelés à comparaître en référé afin de répondre des « piquets de grève illégaux » installées à l’entrée du site depuis mercredi matin, empêchant de travailler plusieurs centaines d’employés non concernés par le conflit, un conflit qui opposait les maçons et la direction de Fougerolle pour une question d’indemnités d’intempéries non payées, d'horaires de travail et de licenciements considérés comme abusifs.
Au nom du GIEC, M. Claude Elkoubi s’est donc engagé par écrit à retirer les lettres dans lesquelles il démissionnait soixante-quatorze grévistes d’une manière que le tribunal n’aurait certainement pas apprécié s’il avait eu à en juger, comme le laisser entendre l’avocat des délégués syndicaux cités hier. Le paiement des indemnités d’intempéries pour les salariés travaillant dehors et une compensation pour ceux qui travaillent aux finitions était également promis. Leurs revendications immédiates satisfaites, les grévistes levaient aussitôt les piquets de grève et, en début d’après-midi l’entrée de la centrale nucléaire en construction était libérée et le sol nettoyé. « On se demande bien pourquoi il a fallu arrêter le travail trois jours pour obtenir cela ?, s’étonnaient les grévistes, hier. Quant au représentant d’EDF, il se déclarait heureux d’avoir pu contribuer à ce que « les gens soient parvenus à se parler et que le fonctionnement du chantier ait pu reprendre... ».
Tout n’est pas terminé pour autant. Les syndicats, et la CGT en particulier, ont un cahier de revendications étoffé : licenciement pour les uns alors que d’autres font des heures supplémentaires, problème fondamental de la reconversion des personnes qui ont travaillé au gros œuvre… Le principe d’une reprise des négociations en début de semaine prochaine a donc été admis lors de la table ronde d'hier.
Deux syndicalistes condamnés
La levée des piquets de grève évitera à leurs responsables d’encourir les foudres de la loi. Patrice Renoux, délégué CGT et Thierry Roland, élu du personnel ont été condamnés hier par le juge des référés à faire libérer l’accès au site, sous astreinte de 3.000 F par infraction constatée. Saisi par EDF et le groupement d’intérêt économique de Civaux, le président du tribunal de grande instance a également autorisé le recours à la force publique pour permettre la libre circulation des personnes et des véhicules qui se présentent aux portes du chantier, « en cas de besoin » ?
Compte tenu des premiers résultats des négociations engagées hier matin sur le terrain, ces mesures ne sont plus d’actualité. En revanche, les deux syndicalistes devront payer les frais engagés pour la procédure, y compris les constats d’huissier, si EDF le leur demande.
La direction du site s’en était abstenue, en décembre 1990, lors d’une grève dont les responsables avaient eux aussi été assignés en référé et condamnés aux entiers dépens. Le président du tribunal de grande Instance souligné hier que le GIEC et EDF peuvent adopter la même attitude pour cette nouvelle affaire. « Dans un souci d’apaisement ».
le 22/02/2025 à 12:50
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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