1535128/02/1994CHAUVIGNY
L’Union locale CFDT, surtout implantée chez Deshoulières, déplore, elle aussi, la dégradation de l’emploi à Chauvigny et elle propose quelques voies…
L’Union locale CFDT a tenu sa réunion annuelle, jeudi dernier, dans sa minuscule salle du 4, rue de la Paix. Mme Simone Bonnin, secrétaire de l’Union locale, a d’ailleurs déploré, d’emblée, les mauvaises conditions dans lesquelles la CFDT doit travailler à Chauvigny depuis la création de l’Union en 1980 : une toute petite pièce à la maison des associations, sans téléphone, deux chaises et une table et pas la moindre subvention depuis 1982. La CFDT demande donc à la municipalité un local plus décent.
Née il y a quatorze ans avec quatre sections, la CFDT chauvinoise s’appuie aujourd’hui surtout sur la section Deshoulières, le secteur fonctionnaires, les retraités et quelques isolés fidèles à leur syndicat. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir des activités suivies, surtout dans le secteur de la porcelaine. Elle tient une permanence tous les jeudis de 17 h 15 à 18 h 30 et l’aide juridique qu’elle apporte aux salariés est précieuse, tout comme les conseils fiscaux de Jean-Francois Blondel.
Il est difficile de suivre la situation des entreprises à Chauvigny où l’intox le dispute au secret. Mais les demandes de consultations de plus en plus fréquentes de la part de salariés en difficultés permettent de juger de la dégradation de l’emploi. La CFDT rappelle, par exemple, qu'en 1988, Deshoulières employait 570 salariés, qu'en 1992, après six mois de chômage partiel, 62 préretraites, 13 mises à la retraite, trois suppressions de mi-temps et un départ volontaire réduisaient les effectifs de 79 personnes. En septembre 1992, Deshoulières ne comptait plus que 420 salariés et en juillet 1993, 349 seulement. En septembre dernier, 25 personnes ont de nouveau été mises en préretraite.
Les difficultés du commerce et de l’artisanat, de Boutillet, et, surtout, le nombre grandissant de jeunes sans travail malgré les diplômes qu’ils possèdent (ingénieurs, magistères, licences, DUT…) ajoutent à l’inquiétude et entament la dynamique de la ville, estime la CFDT. Pourtant, elle reconnaît que quelques espoirs peuvent être entretenus, avec Civaux et sa sous-traitance, Rocamat, la seule entreprise locale à avoir embauché quelques jeunes, ces dernières années, et les entreprises qui débutent comme Secometal et STMA.
Mais, comme France Joubert - le permanent régional du syndicat - le relevait, des remèdes doivent être proposés à la crise, d’abord, en faisant preuve de solidarité « au plus près du terrain. Le seul moyen de développement, c’est de permettre aux compétences de tous les habitants de cette région de s’exprimer ». Il rappelait que pour la CFDT « l’objectif d’un emploi pour tous passe par le partage du travail qui doit être aménagé et réduit ». Et il insistait sur le fait que l’intégration des jeunes ne peut passer que par l’emploi. Autre proposition novatrice de la CFDT : la mise en place de « cellules de reclassement » dans les entreprises pour que les anciens salariés ne soient pas abandonnés à eux-mêmes.
Encore et toujours la solidarité : c’est sur ce thème central que se tiendra, les 6 et 7 mai, au Futuroscope, le prochain congrès régional CFDT.
J-L R
Photo : Bien nombreux pour un aussi petit local
le 22/02/2025 à 15:10
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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