1537318/03/1994POITIERS
Plus de 3.000 manifestants ont demandé, hier, la suppression du contrat d’insertion professionnelle. En deux mouvements et dans le calme.
« Quand j’serai grand, j’serai chômeur ». Banderole en tête, les lycéens et étudiants ont lancé hier, dès le début d'après-midi, la manifestation contre le contrat d’insertion professionnelle, qu’ils ont baptisé « SMIC jeunes ». Ils ont été un millier environ à scander des slogans marquant leur hostilité au décret, dans les rues de Poitiers.
Les syndicats ont déboulé sur la place d’Armes à 17 heures. En dépit de l’unité autour d’une préoccupation commune, chacun a tenu à marquer son territoire. A une extrémité, Force Ouvrière, à une autre, la CGT, chaque groupe étant équipé d’un mégaphone. Entre les deux, l’UNEF-ID, la FSU, la FEN, la CFDT, le Mouvement des jeunes communistes, la FCPE, etc.
Pour bien marquer sa différence, FO avait tenu à être en queue de cortège. Les jeunes manifestants, las d’avoir arpenté le macadam en tous sens, se sont contentés de compter les points...
Avant la formation du défilé, Thierry Legendre, président de l’UNEF-ID, avait rappelé tout le mal que les signataires de l’appel pensent du CIP considéré comme « une remise en cause sans précédent des diplômes et des formations initiales ainsi que des conventions collectives et grilles salariales négociées avec les partenaires sociaux ». Il affirmait que le tutorat justifiant la diminution de salaire était impossible à mettre en œuvre ; que la jeunesse serait divisée entre, d’un côté les diplômés au rabais, et de l’autre, les non-diplômés exclus. « Par ailleurs, ajoutait-il, une concurrence est instaurée de fait entre les générations, l’entreprise pouvant licencier ses salariés et les remplacer par des CIP, eux-mêmes n'ayant pas la certitude d’obtenir un contrat à durée indéterminée ».
Autant de raisons qui conduisent les organisations à exiger l’abrogation des décrets.
2.500 manifestants selon une source officielle. 4.000 selon les syndicats, ont défilé ensuite de la place d'Armes jusqu’à la préfecture, devant laquelle les manifestants se sont regroupés. Après avoir lancé quelques slogans hostiles au CIP et au gouvernement, ils se sont dispersés dans le calme.
M-C Bernard
Photo : Les étudiants et lycéens avaient surtout manifesté en début d'après-midi
le 23/02/2025 à 16:04
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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