1537421/03/1994CHATELLERAULT
C’est désormais pour la survie de l’établissement que se battent les deux cents salariés « encore » en place
En 1982, ils étaient plus de mille… Leur nombre était descendu à environ sept cents quand l’on évoqua pour la première fois le
Plan d'amélioration de la compétitivité en 1992. Une mesure destinée à mettre en rapport la charge de travail et ceux qui l’accomplissaient, ainsi que l’indiqua alors le P-DG, M. Martin. On les retrouva pratiquement aussi nombreux dans la rue, pour défendre leur avenir et leur moyen d’existence. Les « Sextant », anciens de la Sfena, citoyens de la ville du Premier ministre d’alors, réussirent à se faire entendre et mobiliser assez, à Châtellerault et à Paris, pour limiter au maximum les dégâts.
N’empêche, si le Centre de logistique international permettait d’offrir un travail sur un peu moins de la moitié d’entre eux, le site de La Brelandière demeurait particulièrement fragile, tandis que l’on confiait une partie de ses tâches traditionnelles à de nouvelles unités autonomes – Mécafi - ou a des sous-traitants.
Il y a quelques jours, la direction parisienne, qui s’est trouvé un nouveau responsable local, M. Galle, annonçait qu’une récente étude concluait à un sureffectif de cent trente personnes. Soit la moitié de l’effectif actuel.
Beaucoup trop pour les syndicats. Ceux-ci, à l’instar de la CFDT, avaient pourtant proposé d’autres solutions négociées. Pour sa part, la CGT note que cette diminution risquerait d’entraîner la fermeture pure et simple de l’usine.
Le seuil de rentabilité pour faire fonctionner la « machine Brelandière » serait en effet, au minimum, de cent quatre-vingts salariés.
La pérennité en jeu…
Comme ne le dit pas le proverbe anglais, petit à petit, dans ce qui fut la Sfena, descendante directe de la Manu, l’oiseau fait son nid. Et Michel Juteau de souligner que les services disparaissent, les uns après les autres. Hier le bobinage, puis l'usinage qui permettait au bureau d’études de disposer de prototypes très rapidement ; aujourd’hui le bureau de dessin et jusqu’à l’entretien des espaces verts...
Tandis que se rabougrissent comme peau de chagrin les achats, le magasinage ou le contrôle d’entrées, l’informatique industrielle et de gestion, serait, elle, transférée en totalité à Bordeaux et Vélizy.
Pourtant, il faudra quand même bien conserver ceux qui forment « le pôle de compétence » évoqué à propos de l’usine par la direction en début d’année, si l’on veut répondre à des clients qui ne plaisantent pas avec leurs fournisseurs : Ariane Espace, qui a un programme pour au moins huit ans, Transall réparations et centrales de guidage, Airbus pour l’électronique portée, sans oublier les sous-ensembles réalisés à destination d’autres sites du groupe.
« La diminution des effectifs au delà d’un certain seuil entraînera la perte de confiance de nos commanditaires » souligne-t-on, tous syndicats confondus, CGT, CFTC, CFDT, CFE-CGC se retrouvant unis pour un débrayage qui affirme que l’on refuse « bradage et gaspillage ».
Le moment est stratégique puisque, hier vendredi, était discutée la pérennité de l’usine au cours d’un comité central d’entreprise, et que, mardi, on reparlera charges et carnets de commandes, afin de voir clairement si les sureffectifs ne sont pas justement... surestimés par la direction.
En attendant, on continue, côté salariés, d’avancer des propositions contre les licenciements… Elles passent par des pré-retraites, le travail partagé et des reclassements dans un CLI « où des emplois sont à créer ».
Et, après Edith Cresson, qui avait permis l’installation du Centre de logistique et le maintien d’une partie des emplois, à La Brelandière, on se tourne maintenant vers le député J-P Abelin et le président du Sénat R. Monory... En espérant d’eux les mêmes miracles !
Claude Aumon
Centre de logistique : des crédits formation
Alors que les salariés de Sextant Avionique du site de La Brelandière se battent pour la pérennité de leur usine, menacée d’être réduite comme peau de chagrin, on annonce un important plan de formation pour leurs confrères du Centre de logistique international, CLI, basé en zone Nord. Le coût global en sera de 2,5 millions de francs, l’État s’engageant à hauteur de 430.000 F, la CEE pour 570.000 F, et la région Poitou-Charentes pour 265.000 F.
Une « bonne décision » selon le conseiller régional communiste Paul Fromonteil, même s’il note que « cela ne saurait faire oublier qu’il reste de graves inquiétudes pour l’activité et l’emploi au niveau de l’ensemble du groupe ». Et de souligner que la modernisation, l’augmentation de la productivité et de la compétitivité, « ne sauraient se faire au détriment de l’emploi ».
Photo : Les « rescapés » de l’usine ont débrayé vendredi et ont manifesté devant la porte de La Brelandière
le 23/02/2025 à 16:08
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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