0153104/09/1927POITIERS
Bien que nous ayons les meilleures raisons de croire en l’exactitude des renseignements publiés par l’Avenir de la Vienne à la suite de la réunion tenue par le Syndicat des employés de la Mairie nous n’avons été aucunement surpris du démenti qui nous fut adressé.
Nous nous y attendions puisque nous pensions que si, dans le secret (???) des délibérations privées, les représentants du Syndicat donnent libre cours aux sentiments qui les animent, ils ne veulent pas rompre avec la municipalité les relations qui leur permettent de poursuivre la réalisation de leurs projets. Or ce n’est pas avec du vinaigre qu’on prend les mouches.
Le Directeur du Syndicat des employés de la ville est un manœuvrier habile ; vous verrez qu’avant longtemps il aura réduit l’obstruction des membres du Conseil municipal et obtenu l’augmentation de 12 %.
S’il doit en être ainsi pourquoi ne point l’avoir accordée immédiatement ? Tout simplement par ce qu’un certain nombre des membres de l’assemblée communale, notamment des membres de l’administration, ont cru devoir se poser comme les défenseurs des contribuables et ne paraître être obligés de céder que devant la menace.
Cette attitude est tout bêtement ridicule car jamais il n’est entré dans les intentions des employés syndiqués d’interrompre le marché des services publics. La seule menace qui a été formulée lors des réunions du Syndicat est d’ordre politique : « Ils oublient, a t-on dit, que nous sommes des électeurs et que notre Syndicat compte 200 adhérents. » Quelques mois avant les élections législatives, ces propos peuvent être inquiétants pour certains conseillers mais ils n’ont aucun caractère dangereux pour l’ensemble de nos concitoyens.
Dans ce conflit entre l’Assemblé communale et les employés il y a une responsabilité qui incombe à l’administration municipale laquelle devrait depuis longtemps examiner de la façon la plus sérieuse les revendications des fonctionnaires municipaux, alors que certaines extrêmement intéressantes sont complètement délaissées.
Un exemple : depuis des années le Syndicat demande que le recrutement des employés de la ville ait lieu par voie du concours. Jamais suite ne fut donnée à cette proposition si sage, parce que, avec le système actuel, celui du bon plaisir, on fait entrer à l’Hôtel de ville qui l’on veut sans se soucier des capacités du postulant. Et alors on peut répondre, avec quelque apparence de raison, aux protestataires : « Comment voulez-vous que nous vous assimilions aux employés de la Préfecture dont les aptitudes ont été éprouvées par le concours ».
Autre exemple : Alors qu’on nous parle de la réduction du nombre des employés municipaux comme une absolue nécessité, on procède à des nominations nouvelles, sans aucune raison apparente tout au moins.
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Puisque la question des fonctionnaires municipaux se trouve posée une fois de plus, que la ville profite donc de cette cession pour prendre les mesures qui s’imposent.
Si elle veut avoir des fonctionnaires ayant une valeur intellectuelle et morale, qu’elle les recrute par concours et qu’elle leur assure des émoluments en rapport avec leurs capacités.
Alors, mais alors seulement, la ville pourra compter sur un personnel dévoué lui donnant toute satisfaction.
le 05/06/2020 à 11:57
Source : L'Avenir de la Vienne
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