1541607/05/1994POITIERS
Entrés dans la Vienne mercredi, les marcheurs ont reçu hier un accueil chaleureux des Poitevins
Les marcheurs foulent l’asphalte à vive allure. Le soleil de l’après-midi est brûlant pour celui qui a déjà une quinzaine de kilomètres dans les jambes. Aux dix-neuf marcheurs permanents partis de Carmaux le 6 avril, viennent s'ajouter des chômeurs, des salariés ou tout simplement des personnes qui veulent ainsi témoigner leur soutien dans l’effort.
C’est à 18 heures hier que la marche contre le chômage est arrivée au cœur de Poitiers. Parti le matin de Gencay, le cortège a pu se restaurer au Bois-de-Saint-Pierre pour repartir de pied ferme jusqu’à la place Leclerc. De tout milieu social, de tout âge, ils sont là pour ne pousser qu’un seul cri « Non au chômage ! »
La doyenne de la marche c’est Marie-Odile, 56 ans, une Toulousaine issue de la confection et licenciée sans autre forme de procès.
Conjoncture économique oblige lui a-t-on dit. « Il n’y a pas d’issue si l’on n’agit pas ensemble. On est tous hyper motivés ».
Jérôme, 19 ans c'est le benjamin de la troupe. Né dans un village du Tarn gravement touché par le chômage, les aigreurs des cités, Jérome voit l’avenir incertain. Le chômage, à son jeune âge, il a déjà donné. Sorti sans diplôme de son lycée professionnel parce que déçu d’un enseignement qui ne lui convenait pas, il ne voit pas quelle place la société peut lui accorder. « Ce qui est génial c’est de savoir qu’après notre passage, les gens vont bouger, se regrouper en association, s’informer davantage sur leurs droits ».
Alors que le haut-parleur distille des slogans et des encouragements aux Poitevins venus en nombre au rendez-vous, quelques marcheurs épuisés s’affalent dans l’herbe. Dans la foule, des personnes se détachent pour interroger, apporter quelques mots de réconfort et même proposer de faire quelques kilomètres.
Jean-Paul, un fonctionnaire qui habite au sud de Poitiers, est là juste pour montrer qu’il partage les revendications du collectif. A savoir la semaine de 35 heures et des embauches immédiates. « Travailler moins pour travailler plus ». Tous s’apprêtent à affûter leurs arguments pour le grand débat du soir à la Maison du peuple.
Aujourd’hui, après une nuit réparatrice à l’Auberge de jeunesse, les marcheurs seront reçus à la marie puis tiendront un stand à 14 heures à la foire-expo. Dimanche, ils seront également présents à la fête du Toit du Monde et lundi, partis de Saint-Georges-lès-Baillargeaux, ils regagneront la municipalité de Châtellerault.
Sandrine Satti
• Dans la Vienne, cette initiative a reçu le soutien de SUD-PTT, du SNUI (impôts), de la FSU, du SNES, du SNUIPP, de l’EPA (Jeunesse et Sport), de la Confédération paysanne, de la CGT, CFDT, COORACE, du MRAP, de la FCPE, de l’UNEF, de la LDH et de Police et Société.
Photo : La grande marche du chômage est arrivée hier à Poitiers
le 03/03/2025 à 15:14
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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