1542617/05/1994CHAUVIGNY
La laiterie de Chauvigny a fermé en 1987. La CGT rappelle :
Depuis quelques semaines l’Union locale CGT constate la nouvelle situation de Poitouraine, groupe de laiteries né en 1987, dont le siège social est à Saint-Cyr et qui a repris la laiterie de Chauvigny lors de sa fermeture fin 1987.
« A cette époque, les salariés s’étaient exprimés et élevés publiquement contre la fermeture de la laiterie de Chauvigny : cinquante-cinq salariés y travaillaient avec des résultats positifs, grâce aux investissements faits d’année en année.
« Mais rentabilité exige, restructuration des laiteries, on a fermé l’entreprise sans écouter les salariés, sans écouter non plus les producteurs de lait. Une partie du personnel a été éclaté sur les différents sites Saint-Cyr, Dangé ou Cloué, et une autre partie non négligente a été licenciée. Exit la laiterie qui est restée à l’abandon depuis. Exit les taxes professionnelles qui venaient grossir le budget de la commune. Exit les salariés qui ont dû prendre la voiture et faire 70 kilomètres par jour pour aller travailler.
« Des salariés à qui on a dit que cette situation était la meilleure pour le devenir de la filière sur le département ; bref, qu’il n'y avait pas d’autres solutions. Il est vrai que le plan de « Monsieur Lait » nommé dans les années 84 n’était-il pas de ramener les unités de transformation au nombre d’une quinzaine à l’époque à une ? On a regroupé des structures avec une direction bien plus nombreuse, donc un budget plus important d’encadrement. Une première restructuration a eu lieu en 1992 avec le départ de plusieurs directeurs
Nouveaux licenciements ?
« Voici deux mois, c'était au tour de la nouvelle direction arrivée en 1992, d’être limogée avec grand fracas après la découverte d’un déficit important.
« Plusieurs questions viennent à l’esprit :
- tout d’abord, les salariés n’ont jamais été prévenus de ces déficits ; au contraire, tout allait bien. Que cachait la direction ?
- les producteurs de lait n’ont jamais été prévenus. Que peut bien être le rôle d’un conseil d’administration si on lui cache la gestion des affaires ? Simple chambre d’enregistrement ou organe décisif ?
- le comité d’entreprise a-t-il vraiment été averti de la situation ? N’aurait-il pas intérêt à faire valoir ses droits en matière économique, à savoir faire faire une expertise comptable pour connaître la situation du groupe ?
« Aujourd’hui, Poitouraine est en situation fragile et reste grand ouvert aux appétits de groupes industriels ou coopératifs voisins. La proie est d’autant plus facile quand l’animal est faible. La CGT est inquiète car dans cette affaire, s’il y a restructuration, ce sera au détriment des salariés avec de nouveaux licenciements. Alors, la mauvaise gestion était-elle voulue ou non ?
« Dans les comptes de campagne électorale d’hommes politiques, chacun a pu voir le don de 40.000 F au député Duboc en 1993. Il n’y a pas d’argent pour augmenter les salariés, les producteurs de lait voient leur niveau de vie s’effondrer avec le GATT, les quotas et voici que leur laiterie coopérative, au service des producteurs de lait, verse 40.000 F à un homme qui va voter à l’Assemblée Nationale leur mort au travers du GATT et de la poursuite des quotas !
« Il est grand temps que les salariés prennent conscience que d’autres choix sont nécessaires, basés sur l’avenir des salariés et des producteurs adhérant à Poitouraine ».
le 03/03/2025 à 16:42
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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