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1544511/06/1994POITIERS

CAISSE D’ÉPARGNE POITOU-CHARENTES – LE DIRECTOIRE SÉQUESTRÉ TOUTE LA NUIT

Dans notre édition d’hier, nous avons évoqué le conflit qui oppose, depuis mercredi, une partie des neuf cents salariés de la Caisse d’épargne Poitou-Charentes à la direction de cet organisme.

Le ton s’est singulièrement durci. Au cours de la nuit de jeudi à vendredi, dans le calme, des grévistes ont retenu et séquestré le directoire, dont le président Michel Dozières, jusqu’à 6 heures du matin au siège de Beaulieu. Aucune pression physique n’a cependant été exercée sur ces dirigeants et l’éventualité d’un recours aux forces de police devait être finalement écartée.

Cet épisode qui franchit un degré nouveau dans la crispation du mouvement, se solde néanmoins par un constat de blocage. La direction refuse fermement d’aller au-delà de ses propositions, formulées dès le début du conflit, et réitérées à plusieurs reprises, lors des négociations avec les représentants du personnel.

Rappelons, pour mémoire, l’essentiel de ces propositions : création de cinquante emplois sur le front de vente en 1994. Une étude de réorganisation commerciale sera présentée, par ailleurs, en novembre prochain pour « examen et débat ». La Caisse d’épargne régionale rappelle que, depuis la fin de l’année 1991, elle a déjà procédé à 176 recrutements et qu’elle ne saurait aller au-delà, face aux incertitudes conjoncturelles.

Situation bloquée et poursuite de la grève

L’intersyndicale du personnel (syndicat unifié, CFDT, FO, CGT et CGC) juge ces propositions insatisfaisantes. La plupart des agences de la CE étaient fermées hier dans les Deux-Sèvres et sur La Rochelle. Le mouvement a été plus diversement suivi dans la Vienne et en Charente. Les salariés grévistes, qui se comptent « entre quatre et cinq cents », viennent de décider à l’unanimité de poursuivre le mouvement en début de semaine prochaine. Ils revendiquent le recrutement de cinquante personnes en 1994 et de cinquante autres en 1995, en contrat a durée indéterminée. Ils demandent également l’arrêt du recours systématique au travail précaire (intérim) qui représente à l’heure actuelle, selon eux, près de 10 % des emplois.

L’intersyndicale affirme que « le souci majeur est de garantir le service de qualité que notre clientèle est en droit d’attendre ». Et elle conclut : Face à l’intransigeance de la direction, les représentants du personnel étaient prêts à formuler un certain nombre de propositions qui constituaient une possibilité de compromis. Le directoire a refusé de reprendre le dialogue. Malgré la conjoncture économique difficile, une entreprise comme la Caisse d’épargne, qui dégage d'importants bénéfices, a le devoir de participer à la lutte contre le chômage et l’exclusion en créant les emplois qui lui sont indispensables ».

Soutien du Crédit agricole CFDT

Les sections syndicales CFDT des caisses régionales de Crédit agricole de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres apportent, dans un communiqué, leur « entier soutien à leurs collègues de la Caisse d’épargne Poitou-Charentes, dans leurs légitimes revendications. Le monde bancaire a le devoir de participer à cette lutte pour l’emploi ».

 

le 07/03/2025 à 11:45

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

grève, unité, séquestration, solidarité

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