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1545416/06/1994CHATELLERAULT

MARELLI À L’HEURE DE LA FUSION

Le 1er juillet, Marelli Autronica rejoindra Solex et Jaeger au sein de Magneti-Marelli France, pour « un seul langage commercial »

En 1961, entrait en activité dans la zone industrielle Nord, en bordure de la Nationale 10, l’unité de production Jaeger. Une usine promise à un bel avenir selon ses concepteurs. Ses spécialités l’électronique et l’électro-mécanique pour l’automobile.

Il y a 10 ans, Jaeger est incorporé dans le groupe Magneti-Marelli, filiale de Fiat, sous l’égide de l’UFIMA (Union Fiat-Matra), avec 65 % des capitaux pour les Italiens, 35 % pour les Français. En 1984, l’effectif de l’usine châtelleraudaise atteint 848 personnes (800 en 1985, 770 en 1986). En 1992, Matra se retire du consortium UFIMA et Fiat rachète toutes les parts. Un an auparavant, le panneau Jaeger avait été descendu du fronton de l’entreprise locale pour laisser place à l’appellation Magneti-Marelli. Pour l’entité châtelleraudaise, il convient cependant de parler de Marelli-Autronica, filiale de Magneti-Marelli. Voilà pour l’évolution historique.

L’horizon s’obscurcit en 1992, avec la présentation d’un plan de licenciement (42 FNE et 27 licenciements secs). Fin 1993, 623 personnes sont salariées sur le site de Châtellerault (225 suppressions de postes en neuf ans). Les mois suivants ont été marqués par du chômage partiel, dénoncé à de multiples reprises par les syndicats. En avril dernier, M. Girardot, P-DG du groupe, annonce son intention de procéder au licenciement de 98 salariés à Châtellerault. Cette annonce provoque des remous et arrêts de travail. L’allégement de l’effectif est finalement revu à la baisse par l’état-major. Actuellement, les nouvelles bases sont les suivantes : 19 FNE, 15 licenciements ou congés de conversion, 6 départs volontaires, 50 emplois à temps plein transformés en postes à mi-temps. Selon la CGT, ces mesures correspondent à l’annulation de 66 postes, toujours selon ce même syndicat, en fin d’année, environ 580 personnes travailleront dans l’usine châtelleraudaise.

Nouveau tournant dans la vie de Marelli, annoncé officiellement mardi matin par le chef du personnel : à partir du 1er juillet, Marelli-Autronica disparaîtra pour se fondre dans Magneti-Marelli France qui englobera également Magneti-Marelli Distribution, Jaeger et Solex, afin d’utiliser un « même langage commercial ».

La CGT exprime ses inquiétudes à propos de cette fusion-absorption : « Y aura-t-il des diminutions d’effectifs pour supprimer d’éventuels doublons entre les mêmes secteurs des sociétés ? Y aura-t-il remise en cause des avantages, un nivellement par le bas de ces avantages ? Comment va se définir la charge de travail de l’usine de Châtellerault par rapport à celle de Pavie, en Italie ? ». Autre remarque de la CGT : « En ce moment, des gens, qui sont frappés par le nouveau plan de licenciement, effectuent des heures supplémentaires, la direction déclarant que la charge de travail est très importante pour faire face aux commandes. Nous refusons donc ces licenciements injustifiés ».

Chez Marelli comme dans d’autres sociétés du secteur, la cassure devient évidente entre la notion de croissance et celle du plein emploi...

 

Patrick Gonin

Photo : Une photo symbolique ! L’usine de Châtellerault au temps de Jaeger : des retrouvailles au sien de la nouvelle société Magneti-Marelli France

 

 

le 09/03/2025 à 10:47

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

automobile, groupe, fusion, historique

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