1553714/10/1994CHATELLERAULT
Après une semaine de discussions, les salariés de l’usine de Cenon n’ont toujours pas obtenu satisfaction. Treize d’entre eux sont assignés en référé.
En fin de semaine dernière, le syndicat CGT de l’usine Fenwick-Linde de Cenon-sur-Vienne, entamait une négociation avec la direction locale. Objet : des augmentations salariales concernant tout ou partie des trois cents et quelque salariés du site.
La discussion tourna court. Elle devait reprendre ce lundi, puis mardi. Là, devant l’absence de résultat, dès dix heures le personnel décidait majoritairement d’occuper les lieux pour obliger l’encadrement à céder sur ses demandes, à savoir, une augmentation uniforme et mensuelle de 500 F, la hausse des primes d’équipes et de nuit, le remboursement des heures de grève.
La direction opposa encore un refus ferme, ce qui entraînait la reconduction du mouvement jusqu’à jeudi après-midi. Toutefois, les salariés effectuaient quelques « gestes » envers leurs interlocuteurs après leur avoir interdit le passage la veille, ils autorisaient les cadres qui le désiraient à rentrer dans l’entreprise. Par ailleurs, les manifestants renvoyaient à une négociation ultérieure la question des primes, qui ne touche qu’environ 70 % des salariés, de même que la question du paiement des heures chômées.
En retour M. Wilheim, directeur indique ne pouvoir concéder qu’une prime uniforme et unique de 800 F dans le cadre d’une récupération du chômage partiel des mois passés.
La proposition n’a pas reçu l’agrément des quelques dizaines de salariés présents.
Le délégué CGT exprima alors sa crainte de voir la direction évoquer une situation générale difficile pour l’entreprise. Entreprise qui « ne pourrait se permettre de donner 500 F de plus aux employés de Cenon, sous peine d’avoir la même demande de la part des autres salariés du siège social et du magasin de Versailles, soit au total environ 1.100 personnes ».
En présence de membres de l’Union locale CGT et du secrétaire départemental Francis Martin, il fut donc décidé de retourner à la table des négociations avec une même demande à savoir 500 F, et cette fois sous forme négociable. Étant entendu qu’en cas de non accord, le mouvement de grève se poursuivrait.
Une intercession a été demandée parallèlement à l’Inspection du travail pour permettre une reprise du travail rapide et dans des conditions acceptables.
Les « meneurs » en référé
Retour à la case départ, donc, pour les négociations. Les employés acceptaient l’ouverture des portes de l’usine en contrepartie de la venue d’un responsable des relations humaines du groupe. Ce dernier, s’il arrivait bien peu après, était suivi d’un huissier qui, selon les délégués, devait signifier à treize des salariés présents à la porte de l’usine qu’ils étaient convoqués ce vendredi matin, à 10 h, en audience de référé devant le tribunal de grande instance de Poitiers.
Raison ? « Une demande de la direction évoquant l’entrave à la libre circulation des personnes et des biens dans un lieu privé. Et avec une demande de dommages et intérêts à la clé ».
Dans ce cadre, l’UD CGT et son secrétaire, Francis Martin, appellent toutes les entreprises du secteur métallurgie du département à envoyer aujourd’hui à 10 h 15, devant le TGI des délégations afin de soutenir « les treize de Cenon ».
Quant à la négociation qui se poursuivait, elle n’avait pas donné de résultats en début de soirée.
C. Aumon
Photo : Les salaires en question à l’usine de Cenon
le 16/03/2025 à 13:57
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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