1554926/10/1994CHATELLERAULT
Hier, la CGT invitait les chômeurs à réfléchir sur des modes d’actions propres à « s’en sortir ». Témoignages.
Le mercredi 28 septembre, cent soixante-cinq personnes privées d’emploi ont accompli une triple démarche auprès du « bureau d'embauche » ouvert par les membres de la CGT de SOCHATA. Quelles démarches ? Francis Martin, secrétaire de l’Union départementale, les définit : « La première a été de manifester par leur présence, un refus d’une société faite de chômage et de précarité. La deuxième exprimait une demande d’emploi afin de revendiquer le droit légitime au travail, la troisième avait pour but de remplir un bulletin d’inscription à l’intention du comité local d’action pour le droit au travail ».
Et M. Martin de poursuivre : « Affilié au comité national CGT de lutte et de défense des chômeurs, le comité de Châtellerault reprend le thème « compter sur ses dix droits » : travail, formation, santé, logement, transport, dignité, vie décente, famille, vacances, culture ».
Hier après-midi, le comité local avait invité ceux qui s’étaient présentés au bureau d’embauche SOCHATA, pour faire le point et témoigner. Comme on pouvait s’y attendre, les postulants à un emploi dans l’entreprise dépendant du groupe SNECMA, ont reçu une lettre leur signalant qu’il n’y avait pas de recrutement en vue ! Comme le disait un jeune homme : « Nous ne nous attendions pas au miracle ». Malgré cela, l’heure n’est pas à la démobilisation et des actions semblables sont envisagées dans d’autres entreprises où les directions ont recours actuellement aux heures supplémentaires et aux intérimaires.
Frédéric Martin, secrétaire du secteur métallurgie au sein de l’Union locale CGT devait déclarer : « L’heure est à l’union dans l’action entre ceux qui ont du travail et ceux qui en sont privés. Si les chômeurs restent prostrés dans leur coin, ils ne trouveront que des petits boulots. Il s’agit de faire une démonstration de force en n’oubliant pas que les patrons, s’ils ne sont pas secoués par les travailleurs, ne sont jamais les premiers faire des propositions d’augmentation de salaires ou d’amélioration des conditons de travail...
Témoignage d’un des participants : « Actuellement c’est la chasse aux syndiqués et on nous dit que si on n’est pas content, la porte est grande ouverte... ».
Le secrétaire de l’Union départementale a donné une information : la CGT va engager des actions « Pour faire triompher le droit au travail qui figure dans la constitution » : ce sera le cas notamment lors ‘'une semaine de revendication, du 21 au 26 novembre, qui se terminera le samedi par des manifestations, avec en toile de fond la volonté de « créer les conditions d’un mouvement d’ampleur national ». M. Martin évoque « 1936, 1945, 1968... ». Souvenir, souvenir !
Patrick Gonin
le 23/03/2025 à 15:47
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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