1555027/10/1994MONTMORILLON
Le grossiste alimentaire doit déposer son bilan aujourd’hui au tribunal de commerce de Paris. Inquiétude à Montmorillon, où Disco emploie directement179 personnes.
Le groupe Disco, grossiste alimentaire qui fournit quelque 2.000 affiliés, réunis sous différentes enseignes (Timy, Spar, Atout’heure, Bravo, Marché d’Oc et Cali) est depuis hier en cessation de paiement. Daniel Lebard, président du groupe Disco, a rendez-vous aujourd’hui au tribunal de commerce de Paris pour y déposer le bilan de l’entreprise. Une nouvelle qui n’est pas tout à fait une surprise à Montmorillon, l’un des quatre sites français du groupe Disco.
A Montmorillon, le groupe Disco emploie 179 personnes et fait vivre une bonne soixantaine d’autres, notamment des transporteurs. Depuis plusieurs semaines les syndicats étaient inquiets. La CFDT déclarait récemment : « Le rachat de Disco par François Marland, en 1991, a entrainé de nombreuses restructurations et fermetures d’entrepôts qui n’ont apporté aucun volume, ni chiffres d’affaires supplémentaires sur les entrepôts restants ».
Depuis mars dernier, Altus France, filiale du Crédit lyonnais, est devenu l’unique actionnaire de Disco. Selon l’édition de mercredi du quotidien « La Tribune », « l’affaire est déficitaire d’environ 200 millions de francs sur 1993 (après 450 MF en 1992) pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 3 milliards de francs, soit moins de la moitié de ce qu’il représentait quelques années auparavant ».
Le groupe est constitué de deux sociétés : Disco SA qui dispose de deux entrepôts à Montmorillon et à Cholet ; Disco Sud-Ouest, issu de la reprise du grossiste toulousain Escoulan en 1993, avec deux entrepôts à Toulouse et à Villefranche-de-Rouergue.
Toujours selon « La Tribune », le nouveau patron du groupe, Daniel Lebard, installé par les dirigeants d’Altus, « prend rapidement conscience qu’il ne pourra pas revendre Disco en morceaux. Les acheteurs potentiels comme Promodès ou Unico, qui possèdent déjà une logistique très au point, n’ont aucun intérêt à s’engager dans une telle aventure, d’autant que les affiliés de Disco frapperont inéluctablement à leur porte si le groupe ne les fournit pas en temps et en heure ».
La filiale du Crédit lyonnais préfère aujourd’hui arrêter les frais. Le groupe perd encore actuellement 20 à 30 millions de francs par mois. Le dépôt de bilan peut encore permettre à un repreneur de se faire connaître. En attendant, il risque de susciter de nombreuses réactions sur les sites concernés, notamment à Montmorillon, où la direction locale et les délégués syndicaux, unis dans la même galère, ont décidé de tenir ce matin une conférence de presse commune.
Le maire de Montmorillon : « Un ouragan ! »
Maire de Montmorillon, Philippe Charpentier expliquait hier : « Toute la journée, j’ai pris contact avec la région, le département et le préfet de région. J’attends demain de plus amples informations pour réagir. Malgré tout, je reste très anxieux pour l’avenir de Disco. La plateforme de Montmorillon est viable 210 emplois sont menacés. C’est un cyclone ! Il faut bouger. Depuis de longues semaines, je travaillais sur le dossier de restructuration de l’entrepôt froid, route de Saint-Savin, mais là, c’est autre chose.
« Depuis de quelques années, Disco est passé de mains en mains. De gros efforts ont été entrepris, tant par les dirigeants de la société que par le personnel tout entier. Ces efforts sont aujourd’hui mal récompensés. Je le répète Disco est viable ».
le 23/03/2025 à 15:49
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
Espace Militants v0.3 - UD CGT 86 - http://cgt-ud86.org