1555328/10/1994MONTMORILLON
Le président de Disco a déposé hier le bilan de l’entreprise de distribution alimentaire. A Montmorillon, on veut croire à une reprise rapide de l’activité.
C’est une tempête qui s’est abattue hier sur Montmorillon, lorsque l’annonce du dépôt de bilan de Disco, effectuée dans l’après-midi à Paris, s’est répandue dans la ville. Car ici, plus qu’ailleurs peut-être (à Toulouse ou à Cholet) les 250 emplois directs ou indirects menacés aujourd’hui touchent environ 1.000 personnes dans le Montmorillonnais. Un chiffre important comparé aux 7.000 à 8.000 personnes résidant dans la sous-préfecture de la Vienne. Ainsi, Disco est-il en péril.
Hier, Daniel Lebard, le président de Disco, s’est résigné à venir déposer le bilan de son entreprise devant le tribunal de commerce de Paris. Une décision brutale qui vient casser l’élan de restructuration amorcé depuis quelques mois. Mais une décision prise au vu d’une prévision de pertes de l’ordre de 200 millions de francs pour l’année 1994, ajoutées au 200 autres millions perdus l’année précédente. Devant ce terrible constat, le Crédit Lyonnais, en proie à d’autres déboires financiers, a tranché : il ne renflouera pas cette affaire. Toutefois, M. Blazy, directeur général du groupe bancaire, a fait savoir qu’une « période d’un mois serait observée pour aider et faciliter la reprise de l’entreprise ».
Cependant, si Disco est en péril et que dépôt de bilan résonne comme une sonnette d’alarme, le train n’a pas pour autant déraillé. Bien au contraire. Et à Montmorillon, tout le monde veut encore le croire. « Il faut distinguer Disco Centre-Ouest et Disco Sud-Ouest », soulignait hier Michel Waroux, directeur général de l’établissement Montmorillonnais ; « Disco Centre-Ouest ne connaît aucun problème de trésorerie. Nous sommes en situation de produit financier et nous avons dégagé l’année dernière un bénéfice de 13 MF. Disco Montmorillon est viable.
Des repreneurs existent
Dès hier, un administrateur a été nommé par le tribunal parisien. Celui-ci devra chercher un repreneur et de sa rapidité à le trouver dépendra la survie de l'entreprise. « Je suis assez confiant », avouait hier Michel Waroux : « Depuis quelques semaines déjà, nous sommes en contact avec deux grossistes. Sans citer de noms, je peux affirmer que ce ne sont pas de grands groupes ».
Reste que la solution à la survie de Disco passera obligatoirement par une scission du groupe de distribution alimentaire.
Seul Disco Centre-Ouest et l'axe Montmorillon-Cholet paraît aujourd’hui en mesure de voir se déclarer des repreneurs sérieux. Mais il faut faire vite. L'annonce brutale du dépôt de bilan a déjà refroidi quelques fournisseurs.
Le travail continue
En attendant, le personnel de Disco Montmorillon retient son souffle et continue le travail avec encore plus d’acharnement : « Nous sommes les leaders dans le commerce rural », ont clamé hier après-midi CFDT et CGC, unis dans le même combat, en traversant les rues de la sous-préfecture. « Nous avons un personnel compétent et motivé. Nos clients nous sont attachés dans la mesure où nous continuons à les livrer. En outre, nous avons tout ce qu’il faut pour poursuivre notre développement. Non seulement, nous avons notre savoir-faire mais nous comptons aussi ouvrir un nouvel entrepôt produits frais avec le concours du département, de la région et de la ville de Montmorillon.
Une ville de Montmorillon qui appelle dès aujourd’hui à la solidarité de chacun pour sauver les 250 emplois qui sont menacés. L’espoir demeure. II est vrai que dépôt de bilan ne veut pas dire liquidation, surtout lorsque l’on a des atouts à faire valoir.
Jean-Louis Macé
Photo : Malgré la tempête, les employés de Disco poursuivent le travail
le 23/03/2025 à 15:54
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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