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1556003/11/1994MONTMORILLON

DISCO MONTMORILLON MANGE DU LION

Après le dépôt de bilan, les employés de Disco ont investi hier à Poitiers le Crédit Lyonnais, dont la filiale a coupé les vivres.

« Nous voulons voir un responsable ! ». Les employés de Disco à Montmorillon, l’un des quatre entrepôts du grossiste alimentaire, avaient fait hier en fin d’après-midi le déplacement à Poitiers pour rencontrer les responsables locaux du Crédit Lyonnais. Une centaine de salariés ont investi l’agence de la rue Victor-Hugo pendant près de deux heures.

Accompagnés de leurs délégués syndicaux, du secrétaire du comité d’entreprise et d’un responsable de l’Union départementale CFDT, les employés de Disco refusent au Crédit Lyonnais le pouvoir de dire non. En effet, Altus Finance, filiale de la banque et propriétaire du groupe Disco, a décidé de stopper le financement de la trésorerie du grossiste, puisque celui-ci perdait de 20 à 30 millions de francs par an.

Conséquence immédiate, le P-DG du groupe Disco a été contraint vendredi dernier de déposer le bilan, arrêtant du même coup de fournir les quelques deux mille affiliés, réunis sous les enseignes Timy, Spar, Atout’heure et Marché d’Oc.

Depuis ce dépôt de bilan, l’activité des quatre entrepôts du groupe, à Montmorillon, Cholet, Villefranche-de-Rouergue et Toulouse, a été stoppée. « A la mi-octobre, les responsables d’Altus Finance nous avaient pourtant donné l’assurance que l’activité pourrait continuer », s’étonnent les employés de Montmorillon. « Il suffit que le Crédit Lyonnais donne son feu vert pour apporter un peu de trésorerie et l’activité pourrait reprendre. Nous avons des commandes. Les camions sont prêts à livrer nos clients, mais il nous manque l’argent pour les faire tourner… Si le Crédit Lyonnais dit toujours non, il faut le savoir. C’est qu’il veut liquider totalement l’entreprise et supprimer les quelque deux cent cinquante emplois directs ou induits sur Montmorillon... Plus on attend, plus nos produits frais risquent d’être perdus ».

« Notre avenir passe par le Crédit Lyonnais ! », lance un responsable de la CFDT. A Poitiers, les responsables de la banque n’ont pas le pouvoir de dire ni oui, ni non, mais seulement de faire remonter les doléances des employés de Disco qui refusent « une mort programmée » de leur entreprise.

La direction attend le feu vert de l’administrateur judiciaire

Pour sa part, Michel Waroux, le directeur de l’établissement Montmorillonnais, tient à exprimer son entière « solidarité » face aux actions de protestation de ses salariés. Ce dernier continue de mener son entreprise tambour battant, malgré la paralysie momentanée de près de 80 % des fournisseurs en produits frais. En effet, la décision de poursuite des livraisons est placée à présent sous l’autorité de l’administrateur judiciaire parisien. « Nous sommes en rupture de stocks pour les ultra-frais, j’attends impatiemment le feu vert de l’administrateur pour que la vie de l’entreprise tente de reprendre un cours normal. Même si ma clientèle m’assure tous les jours de son soutien, et je l’en remercie, il faut faire vite car la concurrence est féroce ! ».

Enfin, en ce qui concerne les repreneurs éventuels, Michel Waroux souhaite ardemment que Disco Montmorillon passe sous la coupe d’une centrale d’achat qui puisse offrir « la garantie d’une assurance pour les fournisseurs ».

Photo : Une centaine d’employés de Disco ont investi pendant près de deux heures, hier en fin d’après-midi, l’agence du Crédit Lyonnais, rue Victor-Hugo à Poitiers

 

 

le 23/03/2025 à 16:04

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

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