1556805/11/1994CHATELLERAULT
Bientôt trois semaines de grève, et toujours pas de négociations. Lancement d’une campagne de signatures de soutien.
« Ensemble, soutenons la lutte des salariés de la SOCHATA », c’est le titre d’un tract édité à plusieurs milliers d’exemplaires, hier, par les grévistes de la société aéronautique, filiale de SNECMA. Ceux qui ont engagé un mouvement revendicatif le mardi 18 octobre, s’organisent de jour en jour. Ils se lancent désormais dans une vaste campagne de recueil de signatures destinée à les soutenir. Le grand public est concerné, mais aussi tous les élus de la région : le conseil municipal châtelleraudais réuni jeudi soir, a adopté un vœu à l’unanimité (...).
Hier, le directeur des relations humaines de SOCHATA, basé à Vélizy, a fait le déplacement jusqu’à Châtellerault. La réunion qu’il a organisée, le matin, avec les représentants du personnel et les délégués syndicaux, n’a duré que trois minutes. Le membre de « l’état-major » n’ayant aucune proposition salariale dans sa sacoche.
Autre rencontre dans l’après-midi... elle a été interrompue au bout de sept minutes, pour les mêmes raisons. Le directeur des relations humaines qui avait été accueilli en musique, a repris la route de Vélizy.
Vendredi après-midi, les délégués syndicaux CGT ont déclaré : « Depuis le 18 octobre, l’intransigeance de la direction générale de la SOCHATA, s’appuyant sur les orientations du patronat, relayées dans cette entreprise par les ministères de tutelle, refuse la moindre ouverture sur nos revendications salariales. Face à la détermination des salariés, aucun faux-fuyant n’est possible de la part de cette direction. En aucun cas, le recours aux provocations ne pourra résoudre les problèmes posés.
« Nos revendications sont un moteur pour l’expansion économique du Châtelleraudais. En effet, des emplois et de bons salaires sont nécessaires pour contribuer au développement de la relance économique ».
Lundi matin, une nouvelle assemblée générale aura lieu à 8 h 30 dans les locaux de l’unité de production de la zone industrielle Nord. Hier après-midi, nous avons appris la mise en place d’une organisation de soutien financier aux grévistes en difficulté ; des collectes ont été effectuées dans plusieurs usines du groupe SNECMA. Le comité d'entreprise étudie, quant à lui, toutes les possibilités d’actions de solidarité.
Rappelons pour terminer et c’est ce qui fait la particularité de ce conflit, « couvert » désormais par les médias nationaux, qu’il regroupe des ouvriers, techniciens et cadres. Le secteur des métaux de l’Union départementale CGT, dans un communiqué, appelle « les salariés de toutes les entreprises à exprimer leurs revendications ». Le mouvement de la SOCHATA va-t-il faire tache d’huile ?
P G
le 23/03/2025 à 16:20
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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