1557008/11/1994CHATELLERAULT
Hier matin, au péage de Châtellerault-Nord, les grévistes ont permis la libre sortie des usagers. Pas d’incident avec les forces de l'ordre
Les automobilistes et chauffeurs routiers qui se sont présentés hier matin, à partir de 11 h 30, au péage de Châtellerault-Nord, pour acquitter leur droit de passage, ont eu une agréable surprise. La barrière était relevée et des personnes en tenue bleue de travail, n’appartenant pas à Cofiroute, prenaient leur ticket… en échange, avec le sourire, les invitaient à lire un tract. Pendant ce temps, des musiciens, également en tenue de travail, interprétaient « La Marseillaise » et à plusieurs reprises le clairon sonna la charge !
L’accueil hors du commun, était celui des salariés grévistes de SOCHATA, entreprise connaissant un mouvement revendicatif depuis le 18 octobre. Précision d’un délégué syndical CGT : « Nous sommes venus pour mieux faire connaître notre action, pour que les pouvoirs publics nous entendent, pas pour jouer les casseurs ».
Du côté de Cofiroute, les responsables ne demandèrent pas l’intervention des forces de l'ordre, préférant appeler un huissier pour constater les faits. Le préfet de la Vienne, mis au courant de la venue des grévistes de SOCHATA, dépêcha policiers et gendarmes au péage. Jusqu’à 12 h 30, le dialogue s’établit entre le responsable de l’escadron de gendarmerie d’autoroute venu d’Indre-et-Loire (sa zone de compétence s’étendant à Châtellerault), le capitaine Chabrout commandant la compagnie de gendarmerie de Châtellerault et le commissaire principal Hatsch, patron des services de police châtelleraudais. Pendant les échanges entre représentants des forces de l’ordre et employés de la Sochata, la voie était libre pour les usagers qui sortaient du secteur payant, tandis que ceux qui entraient sur l’autoroute, prenaient possession normalement de leur ticket. Alors que les grévistes avaient déployé des banderoles et commencé à piqueniquer, le ton changea radicalement... Policiers et gendarmes, porteurs de sacs à grenades, de boucliers et de matraques, prirent position dans un couloir de sortie, neutralisant celui « tenu » par les gens de SOCHATA. Le préfet venait de décider le retour à un fonctionnement normal de la caisse du péage. Voulant éviter l’affrontement, délégués syndicaux et du personnel, donnèrent l’ordre de repli vers l'usine ; un repli musical et chanté, sur l’air « ce n’est qu’un au revoir…
Patrick Gonin
Photos : L’autoroute gratuite, cela n’a pas duré
le 23/03/2025 à 16:26
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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