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1557510/11/1994CHATELLERAULT

SOCHATA : AMORCE D’UN DIALOGUE ?

Hier, une délégation de la SOCHATA a été reçue par le sous-préfet et le directeur du travail. Les grévistes ont réaffirmé leurs revendications

Hier matin,le personnel en grève de la SOCHATA, mais aussi deux représentants de la direction, sont allés rendre un dernier hommage à un salarié décédé, M. Yves Armand. Jean-Claude Turquand secrétaire du syndicat CGT de l’entreprise devait déclarer : « Nous sommes allés aux obsèques d’un camarade qui soutenait de très près notre lutte et qui avait beaucoup œuvré au sein de notre association sportive.

En début d'après-midi, les grévistes, dans un atelier rebaptisé « place de la Grève », ont reçu une visite importante, celle de M. Abdelkader Saïd, délégué syndical central CGT de SNECMA, venu de Genevilliers. Il devait déclarer : « Votre lutte est juste et nous la soutenons totalement. Le problème qui vous touche est celui de tous les salariés du groupe. Pour vous témoigner notre solidarité, je vous annonce que la réunion de coordination CGT de l’ensemble des usines de SNECMA aura lieu lundi prochain, à 10 h, à Châtellerault. Les unités de production du groupe suivent avec attention votre action et son aboutissement.

M. Saïd remit ensuite à Jean-Claude Turquand, un chèque de 11.000 F, résultat d’une collecte effectuée à Genevilliers. L’usine de la SOCHATA, à Saint-Quentin, a effectué également une collecte, celle de Corbeil fera de même mardi prochain. D’autres gestes de solidarité ont été signalés : les retraités de SOCHATA Châtellerault ont renoncé à un voyage à Paris, ils ont versé la somme qui devait être dépensée aux grévistes (8.000 F), l’Union départementale CGT, à l’occasion de son congrès, a récolté 1.630 F. Jean-Claude Turquand a annoncé la création d’une commission de gestion des fonds, afin que la répartition se fasse dans la transparence la plus totale. Vers 15 h, une information a circulé comme une traînée de poudre dans l’usine… Les délégués du personnel et syndicaux étaient invités à participer à une réunion en sous-préfecture. Allait-on s’orienter vers la nomination d’un médiateur, comme c’est le cas, depuis hier matin, chez Alsthom à Belfort ?

A 16 h, la délégation des grévistes était reçue par MM. Andrieu, sous-préfet, et Bernard Jouan, directeur départemental du travail. Une heure et demie plus tard, Jean-Claude Turquand fournissait quelques éléments sur cette réunion : « Il s’agissait d’une simple prise de contact au cours de laquelle nous avons réaffirmé notre volonté d’ouverture de négociations, mais pas à n’importe quel prix, c’est-à-dire en tenant compte de nos revendications. Aucun médiateur n’a été nommé et aucun nouveau rendez-vous n’a été fixé. Nous avons rappelé que les cadres, reçus après nous, s'étaient désolidarisés de notre conflit.

Hier soir, M. Abelin, député, dans une lettre publique au préfet, lançait un appel à la médiation, disant notamment : « Je vous demande d’étudier toute forme de médiation juridique ou non, susceptible de faciliter la recherche d’un accord sur la base d’améliorations locales et non plus nationales, jouant sur le rattrapage progressif des disparités avec d’autres établissements, tant dans le domaine des classifications que dans celui de l’évolution de la masse salariale ». Quelle sera l’attitude de la direction ?

Patrick Gonin

Photo : La remise d’un chèque de soutien par M. Abdelkader Saïd dans l’atelier rebaptisé « place de la Grève », avant de renouveler une opération « escargot » jusqu’à la sous-préfecture

 

 

le 23/03/2025 à 16:44

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

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