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1558822/11/1994CHATELLERAULT

SOCHATA : LA CGT DEMANDE UN MÉDIATEUR

Le travail a repris hier matin, mais les revendications n’ont pas disparu. Le syndicat souhaite des négociations après les discussions.

Nous nous sommes heurtés à un véritable mur d’incompréhension, à des gens désireux de briser par tous les moyens notre mouvement revendicatif, qui pourtant s’est déroulé de manière exemplaire. Les propos étaient amers, hier matin, au local syndical de la SOCHATA. Plus de chapiteau devant l’entrée, plus de banderoles accrochées à la grille principale, plus de bidons transformés en instruments de musique et le joueur de clairon ne sonne plus la charge...

Les responsables syndicaux et élus du personnel ne cachaient pas leur déception mais ne sombraient pas dans le pessimisme. Jean-Claude Turquand, secrétaire de la CGT de SOCHATA : « Le personnel avait décidé du lancement de la grève, il a décidé de l’arrêt de cette même grève, c’est bien la preuve que nous n’avons rien imposé et que la démocratie a été constamment respectée. Germinal est remis au goût du jour... les exploités ont voulu se rebiffer, faire valoir leurs droits et le patronat s'est montré intraitable, dur, faisant la sourde oreille. Il y a cent ans, on se battait pour que cesse le despotisme patronal, il faut continuer aujourd’hui et il faudra agir de la même manière demain ».

Et M. Turquand de rajouter : « Depuis le début du conflit, la direction a voulu nous faire passer pour des nantis auprès de la population, en évoquant des salaires importants ; il s’agissait de moyennes dans lesquelles figuraient bien entendu les plus hauts revenus de l’entreprise ».

La CGT a demandé en fin de semaine au préfet de la Vienne, la nomination d’un médiateur, considérant que jusqu’à maintenant « le sous-préfet et le directeur du travail avaient seulement fait œuvre de médiation à l’occasion de discussions ». Le syndicat souhaite que l’on passe le plus rapidement possible à l’ouverture de véritables négociations, en présence d’un médiateur officiellement désigné par les pouvoirs publics.

Hier matin, les représentants du personnel présentèrent « l’enveloppe de la solidarité » (usines du groupe SNECMA, sociétés du département, syndicats etc.). Elle atteint 140.000 F, preuve selon eux que le mouvement a été bien perçu par l’ensemble des travailleurs, « même si d’autres grèves ne sont pas venues en appui ».

Le 1er décembre, le personnel de SOCHATA ira aux urnes à l’occasion des élections professionnelles. Un détail qui a son importance ; depuis le début de la grève, vingt-quatre salariés de l’entreprise ont adhéré à la CGT ce qui fait dire à Jean-Claude Turquand : « Nous n’avons jamais donné dans le clientélisme, mais ces camarades ont bien compris l’importance d’un syndicat dans une usine où la direction se montre aussi peu respectueuse des droits des travailleurs.

Contacté hier matin, M. Jean Suprin, directeur de l’usine locale, ne donnait pas dans le triomphalisme : « Les gens ont du mal à prendre conscience des problèmes qui se posent dans la crise actuelle de l’aéronautique. Il faut savoir que dans les autres usines du groupe, en 1995, on chômera pendant trois heures chaque semaine ; la mesure de restriction ne s’appliquera pas à Châtellerault ».

Cette information est certes importante, mais les grévistes maintiennent leurs revendications, aussi bien sur le plan de l’emploi que des salaires, par rapport aux bons résultats obtenus dans l’unité de production châtelleraudaise.

Patrick Gonin

 

 

le 23/03/2025 à 17:13

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

aéronautique, groupe, grève, négociations, reprise, syndicalisation

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