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1558923/11/1994POITIERS

LA MANIF DES MATONS

Les gardiens de prison ont manifesté, hier, pour leurs salaires et leurs retraites. Dans la bonne humeur

« Nos salaires. Nos retraites. Un point c’est tout ». C’est un peu bref, mais la banderole dit bien ce qu’elle veut dire. Les quarante surveillants de la prison de La Pierre-Levée, de Poitiers, à l’instar de leurs collègues des autres établissements pénitentiaires français, veulent une amélioration de leur situation. Et, hier, le délégué Force ouvrière, Laurent Manceau, et celui de l’UFAP (Union fédérale autonome pénitentiaire), Fabrice Menanteau, en tête, ils ont manifesté dans le calme et la bonne humeur pour le faire savoir. Car, si le surencombrement pénitentiaire n’existe plus à Poitiers et l’effectif des surveillants est « normal », subsistent ces problèmes financiers.

Une grève symbolique d’une heure, de 13 heures à 14 heures, remarquée par les nombreux automobilistes de passage, avait été décidée pour faire aboutir ces revendications. Depuis des années, ces deux syndicats demandent la véritable parité avec la police puisqu’existe une différence de salaire de 300 à 700 F suivant les échelons et, qu’à cotisation égale, les surveillants partent en retraite avec 60 % de leur salaire brut alors que les policiers ont 70 %.

« A même mission, même salaire, réclament les surveillants qui en ont assez que les gradés des maisons d’arrêt tirent les marrons du feu sans avoir la reconnaissance du ventre ». Car, aux dires des surveillants, ce sont eux qui ont bénéficié des derniers mouvements syndicaux et le « fossé qui existait entre nous, c’est aujourd’hui un ravin ».

Si, hier, les matons ont donc manifesté physiquement devant la maison d’arrêt pour empêcher tout transfert de détenu, cela fait une semaine qu’ils agissent en écrivant au préfet, en étant reçu par lui. Après leurs collègues d'Angoulême, Niort, Saint-Martin-de-Ré, les Poitevins ont donc pris la relève de cette grève tournante qui pourra réapparaître sous d’autres formes d’ici peu. Et la bonne ambiance a tourné au vaudeville, lorsque vingt-cinq CRS sont intervenus pour faire dégager la lourde porte de métal vert qui retenait la banderole. Bousculade pour la forme, grands sourires de part et d’autre. Comme dit Laurent Manceau : « Les forces de l’ordre, c’est des amis. Pas des ennemis ! ».

Odile Moniot

Photo : L’intervention des CRS n’était que de pure forme

 

 

le 24/03/2025 à 13:37

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

prison, surveillant, manifestation

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