1560602/12/1994MONTMORILLON
André Mariault s'est rendu, hier soir, à l’entrepôt ex-Disco qui tend désormais vers la spécialisation en produits d’épicerie. Condition pour redresser la barre : 3,3 MF de chiffre d’affaires annuel.
S’il était quasiment passé inaperçu lors de sa première visite sur le site de Montmorillon, André Mariault était, hier, davantage enclin à faire connaissance avec le personnel de Disco, ainsi qu’avec Michel Waroux, responsable (jusqu’à nouvel ordre) de l’entrepôt montmorillonnais. Le grossiste alimentaire rennais a donc réussi à « s’échapper » en soirée, presque en catimini, de Cholet où la restructuration du site semble se dérouler de façon nettement moins sereine...
En présence de trois responsables CE CFDT, André Mariault a donc parlé librement de sa longue expérience du terrain. « Mon entreprise est avant tout familiale. Créée en 1912, elle s’est, tout d'abord, spécialisée dans le fromage et la biscuiterie. Je l’ai reprise en 1959 et elle s’est axée sur les produits frais dans le circuit de la grande distribution jusqu’en 1987. C’est au moment où les “hypers” ont monté leur propre plateforme que je me suis tourné vers l’épicerie ». Adhérent de la Francap depuis 1991, Mariault décide de se tourner vers l’approvisionnement du commerce dit de proximité et se lance dans les enseignes Vival et Coccinelle, très présentes en Bretagne et Val-de-Loire.
Et Disco dans tout ça ? C’est grâce à Jacques Redeuilh, propriétaire du Timy de Poitiers, que je me suis intéressé à l’entreprise. Le projet de Corse Distribution était tellement ingérable que c’était à terme la disparition de l’entrepôt montmorillonnais ». L’entrée en scène de Jacques Redeuilh, partant favori pour tenir les rênes des entrepôts de Cholet et Montmorillon, place du coup Michel Waroux sur le fil du rasoir. André Mariault s’est voulu pourtant rassurant, hier. « C’est un homme de qualité et je veux le garder dans l’entreprise ».
Sa stratégie pour doper l’ex-Disco, rebaptisé aujourd’hui Mariault-Sud ? « Ma politique est de rester économique. Il va s’agir de réduire les frais généraux et de rechercher la valeur ajoutée. La connaissance du terrain est importante, mais ne suffit pas, il faut des capitaux. Rendez-vous compte que ma société vient de passer d’un seul coup de 125 salariés à près de 300 (60 pour Cholet, 90 pour Montmorillon) ». Son plan de bataille est déjà sur pied. « L’entrepôt de Montmorillon va devenir le spécialiste des produits secs et Cholet des produits frais. Le chiffre d’affaires qu’il me faut pour tenir la route c’est 3,3 MF par an en moyenne, transport compris. C’est à ce prix qu’on va pouvoir réviser les effectifs à la hausse ».
Soucieux de l’intérêt de ses clients (Timy, Kali, SAP, SPAR), Mariault rappelle qu’il a deux ans pour « moduler ». « On fera du Coccinelle Service, du Coccinelle Marché, du Spar, A Tout'heure… L’indépendant a de toute façon intérêt concentrer ses achats. Il y va de sa performance vis-à-vis des consommateurs ».
Devant regagner Cholet ce matin, la rencontre du Rennais avec les personnalités locales n’est que partie remise.
le 24/03/2025 à 14:35
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
Espace Militants v0.3 - UD CGT 86 - http://cgt-ud86.org