1564611/01/1995CHATELLERAULT
Nouvel épisode socio-juridique à l’entreprise Domine de Naintré où s’est tenue mardi une conférence de presse en présence des délégués syndicaux et du personnel ainsi que de Bernard Devert, l’un des secrétaires nationaux de la Fédération de la métallurgie CGT ; Francis Martin, secrétaire départemental ; Michel Juteau, pour l’Union locale ; Joseph Chotard, conseiller syndical et juridique ; Frédéric Martin, représentant le syndicat de la métallurgie à Châtellerault.
Une réunion qui a permis de faire le point sur cette unité spécialisée principalement dans les matériels de creusement et forages destinés aux entreprises de bâtiment et travaux publics, et dont les difficultés ont alimenté régulièrement depuis plusieurs années la rubrique économique et sociale.
Pour MM. Bohan et Larcher, délégués, le bilan de l’usine est négatif et s’il existe une volonté de la direction d’occuper les gens, tous les salariés n’ont pas un travail régulier à accomplir ». Ils soulignent aussi « qu’on ne sait toujours pas ce que sont devenus les 13 millions de fonds publics », notant cependant que Domine disposait d’une réserve financière légèrement supérieure - environ 14 millions de francs – en juillet dernier.
Regrets encore, puisque « face à une reprise réelle dans le bâtiment, rien ne se fait sentir sur les commandes à Naintré » ce qui serait dû « à une complète absence de stratégie tant au niveau des recherches du bureau d'études que de la production ou du secteur commercial ». Ce à quoi s’ajoutent, selon le syndicat « une très mauvaise ambiance, des pressions, de l’autoritarisme et des atteintes aux libertés.
Manif de soutien le 18 janvier
Les délégués auront aussi récapitulé ce qu’ils appellent « les attaques contre les élus CGT » et qui concernent trois mesures prises par la Direction. C’est, après deux refus de l’inspection du travail et du ministre du Travail et de l’Emploi, l’appel devant le tribunal administratif pour pouvoir licencier quatre salariés : MM. Robert Bohan, membre du comité d’entreprise, secrétaire du syndicat ; Michel Bobier, également membre du comité du CE et délégué du personnel ; Bernard Robert, délégué du personnel ; Bernard Larcher, délégué syndical, deuxième collège au CE et représentant de la CGT au CE ». Pour l’heure, la date de comparution n’est pas encore connue.
C'est également une procédure auprès du tribunal des prud’hommes, ce 18 janvier, après la demande de mise pied pour trois jours par la direction de MM. Robert Bohan, Bernard Robert, Dominique Valadon, délégué du personnel et Georges Brouard, salarié sans mandat. Motif : « Ceux-ci ont refusé de quitter leur poste de travail pour participer à une assemblée générale organisée par la direction générale ».
C’est enfin, pour la direction, l’appel auprès de la cour de Poitiers « de la décision du tribunal des prud’hommes qui a ordonné la réintégration à son poste de travail de M. Robert Larcher ». Et pour celui-ci une demande « contre la non-reconnaissance de son poste de travail, et des discriminations diverses ». L’intéressé indique à ce sujet que « travaillant sur ordinateur, il s’est vu priver d’écran et de moyens d’agir utilement pour l’entreprise.
Dans ce cadre, que la CGT dénonce comme exemplaire à savoir « des atteintes uniques en leur genre contre six délégués à la fois », la fédération des métaux a décidé plusieurs actions : une information par voie de tracts sur tout le département ainsi que dans les entreprises concernées au niveau national ; un appel aux salariés à manifester leur soutien en étant présents le 18 janvier, devant le tribunal des prud’hommes de Châtellerault, et le 25 janvier devant le tribunal de Poitiers, à 9 heures.
Dans le même temps, sera préparé un appel national sur la protection sociale, les salaires et l’emploi, lequel sera publié le 4 février prochain.
C. Aumon
le 24/03/2025 à 18:22
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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