1565619/01/1995CHATELLERAULT
Manifestation, hier au conseil des prud’hommes pour protester contre la mise à pied de responsables syndicaux par la direction de Domine
Domine est un long et bien vilain feuilleton sur le plan social... Il y a quelques années, cette entreprise de Naintré employait plus de quatre cents personnes, hautement qualifiées, dans la conception de matériels de forage. Au fil des mois, l’effectif a fondu comme beurre au soleil. Actuellement, cinquante-deux employés « survivent » dans un climat détestable, inquiets de leur avenir, condamnant unanimement ce qu’ils considèrent « comme une casse organisée au nom du profit capitaliste » (…).
Hier, nouvel épisode dans cette valse chaotique… Le conseil de prud’hommes avait à se pencher sur un nouveau dossier qui en dit long sur les relations entre patron et salariés... MM. Robert Bohan membre du comité d'entreprise, secrétaire du syndicat CGT ; Bernard Robert et Dominique Valladon, délégués du personnel CGT ; Georges Brouard, salarié sans mandat, tombaient sous le coup d’une mise à pied de trois jours pour, selon la direction générale, « avoir refusé de quitter leur poste de travail pour participer à une assemblée générale... ». Les quatre salariés avaient saisi la juridiction prud’homale pour statuer sur ce qu’ils considèrent comme « une volonté d’écraser toute démarche démocratique, de faire éclater le corps des élus, de casser les hommes en cassant l’organisation syndicale que les salariés ont choisie ».
Une manifestation regroupant un nombre important de militants et de sympathisants de la CGT a eu lieu en début d’après-midi. Un adhérent du syndicat, lança, désabusé : « Il y a une heure, Edouard Balladur, en faisant part de son intention de se présenter à l’élection présidentielle, a dit qu’il voulait ressusciter l’espérance dans le pays. Nous, nous voulons ressusciter les libertés syndicales garanties par la constitution ».
Décision le 21 février
Joseph Chotard conseiller juridique de la CGT plaida la cause des salariés demandeurs et Maître Bordet-Lesueur, du barreau de Chartres, celle de la direction, défenderesse. Parallèlement à l’audience, Bernard Larcher délégué syndical de Domine, Jean-Claude Turquand responsable CGT, Francis Martin, secrétaire général de l'Union départementale et Michèle Doussineau membre de la commission exécutive confédérale du syndicat, tenaient conférence de presse, précisant que « ce qui est en jeu, c’est bien la place des hommes en tant que citoyens dans l’entreprise » et de rajouter : « Nous exigeons des comptes sur la gestion de Domine, nous exigeons de savoir où sont passés les fonds publics (près de quatre milliards et demi de centimes) dont a bénéficié la Sofilding qui a repris Domine pour le franc symbolique... ».
Le 21 février à 14 heures, le conseil de prud’hommes rendra son jugement ou bien décidera de confier le lourd dossier au juge départiteur.
Deuxième affrontement dans le conflit entre direction et salariés, l’audience du tribunal administratif de Poitiers le 25 janvier. A la demande des responsables de Domine, il aura à statuer sur le bien fondé du licenciement de quatre personnes, MM. Bohan, Michel Bobier également membre du CE et délégué du personnel ; Bernard Robert, délégué du personnel ; Bernard Larcher, délégué syndical et représentant CGT au CE. A noter que l’inspection du travail et le ministre du Travail, s’étaient opposés à ces mesures de licenciement.
La CGT appelle à la mobilisation générale, décrétant une journée nationale d’action le 4 février sur le thème de la protection sociale, des salaires et de l’emploi.
Patrick Gonin
Photo : Participation importante hier, à la manifestation devant le conseil de prud’hommes
le 24/03/2025 à 18:40
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
Espace Militants v0.3 - UD CGT 86 - http://cgt-ud86.org