1565720/01/1995VIENNE
Le mouvement des postiers de la Vienne a été moyennement suivi, entraînant tout de même de grosses perturbations dans la distribution. Mais l’intersyndicale compte maintenir la mobilisation
Comme prévu, le mouvement de grève des postiers a débuté hier à minuit dans tout le département. Et qui dit arrêt de travail dit perturbations dans la distribution. Conséquence, les boîtes à lettres des Poitevins étaient pratiquement vides hier matin. Seuls les colis, les enveloppes Distingo et autres Chronopost ont été distribués. Les courses payantes de collecte et de remise du courrier ont également été assurées. Sur le terrain, la grève a été moyennement suivie : 33 % des effectifs (tous services confondus) de la Vienne se sont mobilisés. C’est à Poitiers, Loudun et Montmorillon que le mouvement a eu le plus de succès. Dans ces trois villes, la plupart des guichets sont restés fermés. En revanche, à Châtellerault, la grève qui durait depuis quatre jours a, semble-t-il, manqué de souffle. Après une visite à la sous-préfecture où ils ont demandé une réponse publique à leurs revendications, les postiers châtelleraudais (grévistes et non-grévistes) ont rejoint en fin de matinée leurs collègues venus de tout le département pour manifester dans les rues du centre de Poitiers. Vers 11 h, un cortège d’environ deux cents personnes s’est alors dirigé vers la préfecture de région.
« On tire trop sur la corde »
Rassemblés derrière la banderole de l’intersyndicale frappée du slogan « Non aux suppressions d’emploi », les grévistes ont défilé calmement sous une fine pluie en chantant haut et fort : « Un postier de plus c’est un chômeur de moins ». Dans les rangs, le discours était invariable : « Pas question de faire des économies n’importe comment, il faut maintenir le plein emploi pour assurer la continuité du service public et ne pas menacer la situation déjà précaire des contractuels ». Les cinq syndicats de La Poste (FO, CFTC, CGT, CFDT et Sud-Poitou-Charentes) marchent à l’unisson. En fin de matinée, une délégation a été reçue par le chef de cabinet du préfet. Même si la participation a été moyenne, l’intersyndicale s’estime satisfaite et sent de la part du personnel une volonté ferme de rester mobilisé. « On tire trop sur la corde, regrette Alain Peyrotte, secrétaire départemental CGT PTT. La Poste doit prendre ses responsabilités et ne plus subir les décisions du gouvernement. En cinq ans, 250 emplois de postiers ont disparu. Aujourd’hui, 31 sont condamnés sans parler des menaces qui pèsent sur les contractuels avec la réduction annoncée des heures de remplacement et de renfort. Il faut conserver les emplois qui existent. On nous demande toujours plus avec toujours moins de moyens ».
Les syndicats sont parfaitement conscients du besoin de modernisation du service public mais ils dénoncent comme l’explique Pierre Lantier (syndicat Sud-Poitou-Charentes), « le paradoxe qui consiste à tenter de contribuer à l’aménagement du territoire tout en supprimant des postes ». L’intersyndicale compte désormais s’adresser au directeur de la délégation régionale à Bordeaux tandis qu’un nouveau préavis de grève sera déposé aujourd’hui. Le prochain mouvement est annoncé pour mercredi prochain.
Lionel Oger
Photo : Deux cents postiers ont défilé devant la préfecture (en médaillon, les représentants des cinq syndicats ont été reçus par le chef du cabinet du préfet)
le 24/03/2025 à 18:42
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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