1565921/01/1995CHATELLERAULT
Pour une augmentation salariale, l’embauche des intérimaires, contre les heures supplémentaires. Négociations lundi, à Saint-Quentin.
Il y a un an très exactement, un mouvement social prenait naissance à l’usine Valéo de Châtellerault. Arrêts de travail, négociations, les syndicats, notamment la CGT, demandaient avec insistance des embauches qui correspondent à une forte surcharge de travail annoncée, et une augmentation des salaires.
Retour à la case départ, vendredi matin. Les huit cent dix salariés se sont mis très majoritairement en grève à l’appel de la CGT, de la CFDT, une partie des cadres observant pour leur part des arrêts de travail. Les revendications sont pratiquement similaires d’une année sur l’autre puisque les délégués veulent obtenir des résultats sur deux points précis : une hausse des salaires uniforme de 3,5 % par mois avec seuil minimum de 500 F, et la transformation des contrats à durée déterminée en embauches définitives pour les quelque cent intérimaires recensés actuellement. On note d’ailleurs à cet égard que l’usine est en sous-effectifs depuis les cent vingt licenciements intervenus en 1988.
« Baisse du pouvoir d'achat »
Du côté de la direction qui a été contactée à deux reprises lors de réunions qui ont eu lieu en décembre et il y a une semaine, les propositions sont toutes autres. Selon les syndicats, il n’est pas question d’embauches et pour les salaires, « seulement 1,5 % sont avancés pour les revenus les plus faibles, 1 % sur la masse salariale pour les autres, ce qui veut dire, dans ce cas, des augmentations attribuées au coup par coup et pas à toutes les personnes concernées ».
On rappelle que la moyenne mensuelle brute se situe actuellement à 7.000 F environ, non compris des primes très aléatoires et que l’on voudrait justement voir intégrées dans le revenu. Cela alors, est-il indiqué, que « le chiffre d’affaires est en hausse de 13 % pour le groupe et que l’on a multiplié les heures supplémentaires, jusqu’à 4.000 par mois et dans tous les secteurs ».
Il y a donc volonté de voir cette surcharge importante de travail se traduire en emplois, puisqu’il n’est guère envisageable d’aller au-delà de la situation actuelle, le travail en deux huit et l’équipe de nuit fixe, avec certains samedis pris en compte.
La suite des événements, alors que « la direction se refuse à tout commentaire sur ce qui se passe dans l’entreprise », ce sera ce lundi, à 10 h, au siège de Saint-Quentin en Yvelines. Là se retrouveront, outre cinq représentants du personnel châtelleraudais, les délégués des usines qui travaillent dans la même branche « système d’essuyage » au sein du groupe, à savoir Issoire et Montigny.
Il est probable, alors que seule l’usine châtelleraudaise a manifesté jusqu’à présent, qu’un nouveau mouvement ait lieu en soutien aux négociateurs.
Claude Aumon
Photo : « Le chiffre d'affaires a augmenté de 13 %, on nous propose 1,5 % pour les salaires »
le 24/03/2025 à 18:47
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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