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1566425/01/1995CHATELLERAULT

VALÉO : L’HEURE DES NÉGOCIATIONS

Baisse de “pression” chez le fabricant de moteurs d’essuie-glaces châtelleraudais. Le dialogue a repris entre direction et personnel

“Cette nuit, nous avons eu très froid mais le moral est bon » “Hier, de bon matin, devant un feu de bois, les grévistes de Valéo affichaient une « pêche d’enfer », certains interprétant des chants de leur composition… et de circonstance !

Lundi, vers 19 heures, la direction avait accepté de renouer le dialogue avec les délégués syndicaux et du personnel, faisant des propositions. Parmi ces propositions, citons celles intéressant les agents de production (environ 500 sur un effectif total de 809) : augmentation de 1,5 % au 1er janvier 1995 (minimum de 120 F), 1 % au 1er septembre (minimum de 80 F) et enfin 150 F au 1er janvier 1996. La direction envisageait de procéder à l’embauche définitive de vingt-cinq salariés en contrat à durée déterminée, embauche en partie réalisée suite à la conclusion de départs en préretraite progressive. Autre démarche de la part de la direction, le paiement des huit premières heures de grève, les autres étant récupérées dans un délai d’un mois. Ces propositions patronales étaient soumises à l’arrêt de la grève et à la libre circulation des marchandises. A ce propos, les grévistes ont accepté le départ de trois conteneurs de moteurs d’essuie-glaces, à destination de l’usine Peugeot de Mulhouse afin que la chaîne de montage des voitures de type 106 ne soit pas interrompue. Hier dans la matinée, les délégués syndicaux demandèrent au personnel de bien vouloir se prononcer sur les initiatives de la direction, l’augmentation du 1er janvier 1996 étant jugée trop tardive. A 13 h 30, en présence de l’inspecteur du travail qui a proposé par ailleurs de faire œuvre de médiateur, le dépouillement du vote donna le résultat suivant : pour, 133 ; contre, 213 ; nuls, 2. La direction maintenait donc l’assignation de onze salariés devant le tribunal de Poitiers mais, en fin de soirée, la rupture des stocks de moteurs d’essuie-glace et les problèmes posés aux clients-constructeurs d’automobiles, incitaient les responsables de l’unité châtelleraudaise à reprendre les négociations...

P. Gonin

Syndicalistes assignés en référé décision cet après-midi

Les huit syndicalistes que la direction de Valéo a assignés en référé seront fixés sur leur sort ce mercredi 25 janvier, à 13 h 15. Le vice-président du tribunal, Mme Latrabe, a décidé de leur accorder un délai pour convaincre leurs camarades grévistes de lever tous les piquets de grève qui interdisaient hier encore la libre circulation des camions dans l’enceinte de l’usine.

Initialement fixé à 14 h 30, mardi, ce référé a failli être annulé puisque la direction et les syndicats paraissaient avoir trouvé un terrain d’entente, dans la matinée. Mais Valéo a finalement maintenu son assignation après le rejet du protocole d’accord par la majorité des grévistes présents (...).

Fermeté justifiée par l’importance des enjeux économiques, a souligné le directeur des ressources humaines de l’entreprise, M. Machat : « Nous ne pouvons pas attendre. C’est une question d’heures ». Son avocat, Me Pagot, a précisé que faute de réapprovisionnement, de gros clients de l’entreprise, comme Peugeot - Sochaux ou Renault - Sandouville, étaient quasiment en rupture de stocks. Tenant les huit syndicalistes pour responsables des « blocages illicites » imputables aux grévistes, il a demandé au vice-président Latrabe d’ordonner la levée des barrages, sous astreinte de 10.000 F par jour et par infraction constatée..., et sous réserve de recours à la force publique.

Cette audience de référé s'est déroulée en l’absence des principaux intéressés, qui étaient restés à Châtellerault pour poursuivre leurs négociations avec la direction de l’usine. Mais le vice-président Latrabe a accordé le sursis à statuer sollicité par leur avocat, Me Gaston, pour éviter tout « blocage du dialogue social » et laisser aux syndicats le temps de « convaincre la base » de la nécessité de lever les piquets de grève.

Mme Latrabe a dans un premier temps, accepté de suspendre sa décision pendant une heure et demie. Apprenant qu’une partie des barrages avaient été supprimés, à 17 heures, elle a ensuite décidé de laisser aux syndicalistes un délai supplémentaire.

Alain Defaye

Photos : “Cette nuit, nous avons eu très froid mais le moral est bon » “Hier, de bon matin, devant un feu de bois, les grévistes de Valéo affichaient une « pêche d’enfer »

 

 

le 30/03/2025 à 10:11

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

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