1568401/02/1995POITIERS
Les Verts, l’association contre les remembrements et la CGT s’interrogent sur les causes et les remèdes
Au-delà des faits eux-mêmes, des inconvénients, voire plus, causés par les crues que le département vient de subir, certains se posent des questions sur les causes de cette montée rapide des eaux, sur les constructions en zone inondable et sur les remèdes à apporter. Tout en rendant hommage aux différents services publics sur la brèche pendant ces journées.
Ainsi les Verts de la Vienne, dans une lettre ouverte au préfet de région, se demandent si « la catastrophe exceptionnelle ne deviendrait pas notre lot annuel », vu que ces crues décennales sont les secondes par leur importance en moins d’un an. Il est « urgent d’analyser ces phénomènes à répétition pour améliorer l’aide aux victimes mais surtout comprendre les causes de tels phénomènes naturels amplifiés par les interventions humaines, dans un but préventif ». Et les Verts d’apostropher le préfet à propos de la circulaire gouvernementale du 24 janvier 1994 qui demandait de prendre toutes dispositions pour interdire les implantations humaines dans les zones les plus dangereuses. « Où en êtes-vous dans l’application ? » demandent les écologistes qui souhaitent rencontrer le préfet et refusent qu’un « lobby quelconque empêche une étude sérieuse qui abordera de façon scientifique toutes les causes des crues et de leur vitesse inhabituelle ».
Les causes, elles sont évidentes pour l’association « Contre les remembrements dans la Vienne » qui, de son côté, adresse une lettre ouverte à René Monory, président du conseil général : l’urbanisation et le remembrement. Surtout le second qui a « des conséquences directes : la disparition des haies, l’arasement des talus, le comblement des mares, le drainage et indirectes comme « le changement des méthodes culturales » qui conduisent à un ruissellement et limitent l’effet d’éponge du sol. L’association demande donc la suppression de ces « facteurs aggravants », c’est à dire « l’abandon de la politique actuelle de remembrement ».
« Les choix d’aménagement du territoire, le développement d’une production outrancière dans les zones agricoles et un urbanisme débridé lié à la spéculation financière sont lourds de conséquence pour la population et les familles » dit de son côté la CGT qui « exige que soit décrété l’état de catastrophe naturelle » et demande un débat national sur le sujet.
le 30/03/2025 à 11:50
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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