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1569204/02/1995CHATELLERAULT

IL N’Y AVAIT PAS DE PILOTE DANS L’AVION

Devant des grilles fermées et enchaînées, les 340 salariés du Centre de logistique international de Sextant se sont présentés hier sur la zone du Sanital, l’un des deux sites châtelleraudais du groupe avec « La Brelandière » où travaillent encore 235 personnes.

Ce dernier site était d’ailleurs également l’objet d’un mouvement de mécontentement du personnel hier matin, répondant en cela à un appel à la grève, lancé par l’intersyndicale de Sextant, (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC) et appliqué massivement sur tous les sites du groupe Sextant : Châtellerault, Le Haillan, Valence (où la CFTC s’est associée au conflit), Vélizy et Vendôme.

A Châtellerault, des chaînes autour des grilles, et donc quasiment personne à l’intérieur du CLI, si ce n’est le directeur, Jean-Pierre Ledoit et quelques responsables de la sécurité et du standard, afin d’assurer un service minimum. Dehors, autour de plusieurs stands improvisés où l’on distribuait café, croissants et sandwiches : la plupart des salariés de cette usine où l’on fabrique des instruments de pilotage de haute précision. Et de pilotage, il en fut largement question toute la journée dans les propos des porte-parole des divers syndicats qui ont rappelé l’ensemble des revendications ayant amené au conflit.

Le mouvement continue lundi

« La politique de la direction en matière de salaires et d’emploi est totalement incohérente. C’est du pilotage à vue », notent les délégués syndicaux en donnant des exemples : « Nous demandons une augmentation générale uniforme de nature à rattraper le retard pris. En quatre ans, l’augmentation consentie par la direction a été de 3,2 %, et encore uniquement pour les bas salaires ».

De l’argent pourtant, il y en a pour les syndicalistes : « Le groupe est passé d’un effectif de 10.500 en 1989 à 4.400 aujourd’hui. Depuis cinq ans, on provisionne pour licencier, les divers plans sociaux ont coûté 500 millions de francs. En 1993, tout le monde avait voté neuf jours de chômage technique pour éviter des licenciements. Aujourd’hui, les résultats financiers sont à la hauteur des efforts fournis, et nous demandons le juste retour des choses »

De même, sur le chapitre de l’emploi où les revendications ont été également réaffirmées hier : « On compte, uniquement pour le CLI, 10.734 heures supplémentaires, alors que l’on dénombre trente contrats à durée déterminée au CLI, et vingt à “La Brelandière” et que douze salariés sont encore considérés en sureffectif ». L’embauche de ces CDD figure d’ailleurs dans les revendications portées sur la table des négociations, hier à Meudon, par les délégués syndicaux centraux qui ont rencontré la direction générale du groupe.

A la même heure au CLI et à “La Brelandière”, il n’y avait pas de pilote dans l’avion tout en attendant les résultats des négociations de Meudon. Résultats jugés largement insuffisants (la direction n’ayant proposé qu’une augmentation générale de 1,5 à 1,8 %) par l’ensemble des syndicats, décidés à poursuivre ensemble le mouvement ce prochain lundi.

Jean-Philippe Bois

Photo : Le personnel en grève, devant les grilles fermées du CLI, zone du Sanital

 

 

le 30/03/2025 à 13:02

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

aéronautique, groupe, grève, occupation, unité

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