1570008/02/1995POITIERS
Syndicats et direction doivent négocier ce matin un protocole... de négociation, avant de se retrouver, l’après-midi, devant le juge des référés
En grève depuis jeudi, les salariés de Schlumberger ont peut-être trouvé, hier après-midi, devant le juge des référés, les voies du dialogue social qu’ils désespéraient d’engager avec leur direction. Les syndicats et les représentants de l’entreprise ont, en effet, convenu de se rencontrer, ce mercredi matin, dans un lieu neutre qui pourrait être la direction du Travail, pour tenter de parvenir à un accord sur un calendrier et des points de négociation, ainsi que sur la qualité des négociateurs.
Chacun campait jusqu’alors sur des positions difficiles à concilier : augmentation de salaire avec ou sans prime et ouverture d’un débat sur la politique de l’entreprise en matière d’emploi pour les grévistes, proposition de prime de 1.500 F et discussion sur l’organisation du travail sur les sites de Chasseneuil et de Poitiers pour la direction, fermement décidée à laisser le soin d’examiner d’éventuelles hausses de salaires à une commission paritaire de groupe qui ne doit se réunir qu’en mars.
Toutes les tentatives de dialogue ayant avorté, la direction avait été jusqu’à assigner huit grévistes en référé, lundi, pour obtenir la levée des piquets de sous astreinte de 10.000 F par infraction constatée.
« Il ne saurait être question de négocier sous la pression de pratiques illicites qui empêchent la production », a plaidé, hier, son avocat, Me Lemaire. Mais il a essuyé le tir de barrage de la partie adverse, saisissant l’occasion qui lui était offerte pour dénoncer l’absence de « volonté réelle de négocier » de l’employeur. « Toute la stratégie de la direction, c’est de briser la grève », a expliqué Me Brunet avant de réclamer une médiation : « C’est un trouble illicite qu’un employeur bloque la négociation ».
Cette médiation ne sera peut-être pas utile. Comme la vice-présidente du tribunal, Mme Catherine Latrabe, le leur a suggéré, les deux parties ont, en effet, convenu de se retrouver autour d’une table, ce matin, pour essayer d’élaborer un protocole de négociation en l’échange duquel les grévistes pourraient lever les piquets qui empêchent l’approvisionnement des chaînes. Le magistrat leur a laissé toute la matinée pour parvenir à un accord, avant de faire un nouveau point sur la situation, aujourd’hui, à 13 h 15, au palais de justice.
Alain Defaye
le 30/03/2025 à 13:15
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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