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1570510/02/1995POITIERS

COMPTE À REBOURS CHEZ SCHLUMBERGER

La direction propose de débattre des salaires le 23. Les grévistes réclament une médiation. juge des référés rendra son ordonnance lundi

Face-à-face tendu entre la direction et les représentants des grévistes de Schlumberger, jeudi après-midi, dans le bureau du juge des référés. Chaque camp a réaffirmé des exigences encore inconciliables, malgré quelques timides avancées.

Bloquées mercredi soir, les négociations ont préalablement repris dans la matinée. La direction a notamment accepté d’avancer au 23 février la réunion de la commission paritaire qui débattra des augmentations réclamées par les salariés des usines de Chasseneuil et de Poitiers. Mais les grévistes restent convaincus que leurs interlocuteurs jouent la montre.

Hier, leur avocat a donc, une nouvelle fois, réclamé au juge des référés la nomination d’un médiateur pour faciliter le dialogue.

« On est en situation d’avancer » a plaidé Me Simone Brunet, après avoir rappelé que les salariés ont fait des concessions et qu’ils acceptent désormais de négocier sur la base d’une augmentation de 300 F, et non plus de 1.000 F comme la semaine dernière. Estimant que, si les patrons de Schlumberger consentent à débattre des salaires le 23 février, ils sont également en mesure de le faire dès la semaine prochaine, Me Brunet a demandé au vice-président du tribunal de grande instance de « ne pas rentrer dans le jeu de la direction qui tente de faire pourrir le situation ».

« Point mort »

Mais l’avocat de Schlumberger a précisé, d’emblée, que son client « ne saurait accepter une négociation sous l’égide d’un médiateur », alors que sur le terrain les piquets de grève restent en place. Rappelant que les débats ont également achoppé sur le paiement des heures de grève, Me Lemaire a conclu à un retour « au point mort ». Il a donc maintenu ses demandes contre les huit grévistes qui ont été assignés en justice, en raison de leur participation aux barrages empêchant l’approvisionnement des chaînes de l’usine de Poitiers.

Situation délicate. Mais si, sur le plan judiciaire, toutes les possibilités de conciliation ont été épuisées hier, les grévistes et la direction du Schlumberger ont encore une chance de sortir de l’impasse. La vice-présidente, Catherine Latrabe, leur a, en effet, annoncé, hier, qu’elle ne rendra pas son ordonnance de référé avant lundi matin. Ce qui laisse du temps pour renouer le dialogue social.

La direction locale de Schlumberger s’est refusée à tout commentaire, hier, à sa sortie du palais de justice. Mais, du côté de l’intersyndicale, on estimait qu’il « est encore possible de trouver une sortie honorable pour tout le monde ». Sur la base des négociations réclamées par les grévistes depuis une semaine.

Alain Defaye

 

 

le 30/03/2025 à 13:48

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

compteurs, grève, occupation, négociation, justice

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