1571011/02/1995CHATELLERAULT
Les dernières négociations se sont poursuivies tard, hier soir, mais n’ont pas donné les résultats attendus. Consultation du personnel lundi
Le conflit de Sextant a connu de nouveaux rebondissements, vendredi, après une journée de jeudi que certains des délégués considéraient comme « charnière » ou « transitoire ».
Les deux propositions patronales tournaient autour d’une augmentation générale de 200 à 300 F mensuels et d’autres, individuelles et indiciaires, calculées en pourcentage et primes mais avec attribution uniquement aux catégories les plus hautes du personnel. Propositions jugées inacceptables par les salariés dont les délégués avouaient une motivation grandissante, même si, volontairement, le climat était resté calme et serein.
Portes fermées, certes, et même cadenassées, les salariés ont mis en place un abri pour se restaurer et tenir sous la pluie. Pas question pour autant d’en appeler à une manifestation, et le son, à peine entendu, d’un cor de chasse qui semblait répondre à celui de la Sochata, quelques semaines plus tôt, est resté sans écho. Ici, à l’évidence, on a voulu rester exemplaire et si, justement, l’action a paru de moindre portée jeudi, c’est bien parce que l’on planchait sérieusement pour trouver une issue à un conflit qui a dépassé en jours et nombre de personnes concernées tout ce que le groupe avait connu jusque-là.
C’est dans ce sens que la CGT, la CFDT, la CGC et FO, avaient avancé une contre-proposition qui, ce vendredi matin, sur le site de Châtellerault CLI comme à La Brelandière et dans les autres villes, devait faire l’objet d’un vote du personnel. Le scrutin a cependant été interrompu par l’annonce que la direction convoquait les délégués centraux à ce qu’elle dénommait « une ultime réunion » et qu’elle ne voulait pas voir confondue avec une négociation.
Blocage partout
Vote stoppé, on pouvait faire le point sur ce qui se passait ici et là avec partout un semblable constat : à Vendôme, débrayage et filtrage des entrées et sorties, pas de production ; à Valence, filtrage et grève à 90 % ; à Bordeaux Le Hayan, blocage complet et manifestation avec opération escargot en ville ; à Vélizy, huit cents personnes devant la porte de l’usine qui, malgré qu’elle soit restée ouverte n’a été franchie par aucun salarié ; à La Brelandière, filtrage et très peu de personnes au travail ; à Toulouse - Blagnac et Conflans-Sainte-Honorine, petites unités, débrayages de solidarité.
Pour les délégués sur le terrain, il s’agit bien là des signes patents « d’une réelle exaspération, d’un mécontentement général ». Il y a la question des salaires, dit-on, mais aussi des sureffectifs, des embauches de CDD, des heures supplémentaires et aussi d’un énorme besoin d’être écouté après l’annonce des excellents résultats du groupe en 1994.
Écoute qui aura été réalisée au moins en partie par la réouverture du dialogue patronat syndicats. Cependant sans résultat probant, ainsi qu’on l’apprenait hier soir, à 20 heures. Pour la direction, c’est toujours 300 F uniforme. Pas plus !
Côté personnel, une réunion intersyndicale aura donc lieu ce matin samedi avant, sans doute, une consultation générale, lundi.
Claude Aumon
le 30/03/2025 à 15:15
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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